13.05.2008

Les mots sont RÉELLEMENT vivants

... un long repas de mots...
... les mots venaient à moi...
... chantaient les mots dans ma tête...
... Les mots sortent par miracle...
... le temps que tout le produit des mots se diffuse en moi ça prend des heures...
... Quand je souffre trop je me mets dans les mots...
... les mots reçus en moi et les mots jaillis de moi comme autant de jouissances...
... la bagarre de mots...
... une lave épaisse s’est mise à tourner lentement dans ma chair, les mots dans ma tête à fondre comme du métal en fusion...
... Les mots sont comme nous : dans l’Eden, ils vivaient nus. Maintenant ils sont tous habillés ; quand par hasard un mot ose sortir nu dans la rue, la police l’arrête...
... nous nous parlions comme dans une chambre close ou dans l’espace d’un paradis perdu, avec des mots tout nus. Pas les mots du sexe, les mots. Avec leurs fonctions sexuelles parfaitement apparentes, en toute innocence...
... ce qu’on se faisait avec de simples mots, des mots ordinaires mais chargés à mort de toute la puissance que nous seuls connaissions...
... à partir de ces mots tout a changé, il faut faire très attention aux mots, comme a dit Victor Hugo devant le gigantesque trou du cirque de Gavarnie : « Une goutte d’eau a fait cela »...
... Ravis, les mots se mettaient à jouer, danser, se livrer à toutes sortes d’acrobaties, de rires et de chants, des mots français mais aussi anglais, italiens, espagnols, latins… Un jour dans un léger délire je les vis et les entendis même s’adresser à moi, les mots ce soir-là souffraient, ils avaient besoin d’aide...
... Soyez attentifs aux mots, on ne se rend pas assez compte que ce sont des grenades...
... l'impudique baiser des mots...
... de quoi ça parle ces mots qui me sortent...
... aimons-nous bien mets-moi tes mots qui font du bien...
... Le chant des mots, tu l’aimes ? ...
... tu le sens, l’engrenage des mots qui cliquent et claquettent ? ...
... Je veux savoir comment les mots se forment dans ta moëlle épinière...
... mots mutilés dont tu es le membre manquant...
... les mots nous cachent bien des choses... Ou bien c’est que nous n’écoutons pas les conversations qu’ils tiennent entre eux, dans une autre dimension, tandis que dans celle-ci nous nous servons d’eux pour parler, écrire ou lire. Je me dis que ce sont eux qui se servent de nous, en fait. Nous sommes les mots des mots, c’est pourquoi nous avons toujours cette impression pénible de ne pas parvenir à saisir notre entière liberté.

(in Forêt profonde)

J’ai éteint la lumière mais soudain les mots affluent, serrés autour de moi, pour me parler de toi. Ils font un peuple si nombreux, je suis obligée de rallumer pour leur dire sur la page blanche de mon cahier : je viens. Dès demain je viens, je suis à vous. Je suis là, je vous sens, je comprends ce que vous voulez de moi, je vais dormir avec vous et au réveil je ferai de mon mieux pour vous accueillir et vous offrir, foules ardentes.

(in La jeune fille et la Vierge )

Le rabbin Ben 'Azzai "resta assis à expliquer les paroles de la Torah et des prophètes jusqu'à ce que du feu jaillisse tout autour de lui. Lorsque le rabbin Akiba le questionna sur la cause de ce feu, il lui expliqua que les mots se réjouissaient tandis qu'ils se rencontraient les uns les autres.
Sally Cunneen, d'après Gerald L. Bruns

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08.04.2008

Chute

Voie de l’amour, voie lactée dressée dans les ténèbres
D’une incommensurable casse.
L’acier, la rouille, la souffrance
Des siècles par milliers d’accidents de Dieu
En route pour l’amour.
À quel moment la confiance se brise, pourquoi
Se brise-t-elle ? crie la chair blessée,
Tombée
D’un si petit mauvais pas
D’un si ridicule instant d’inattention parfois
Hors de la voie qu’elle empruntait
La voie royale jamais donnée pour sûre, voie
Vers toi qui viens vers moi
Crie Dieu dans sa douleur de nous avoir perdus
Ne serait-ce que le temps d’un instant.
Si nous avons encore des jambes, oh je t’en prie,
Allégeons sa souffrance, revenons sur la voie,
Il nous attend.

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07.04.2008

Saccage

10 novembre 1793 : Fête de la Raison à Notre-Dame de Paris.

11:20 Publié dans --- | Lien permanent | Envoyer cette note

06.04.2008

Quel temps ?

Le temps de vivre, ou d'aller à la mort ? (le poème apparaît en cliquant chaque fois sur l'horloge, en haut à droite)

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Impressions d'Orient

Ils croient que les chevaux de race pressentent l'avenir, qu'ils en avertissent leurs maîtres, peuvent choisir pour eux des routes, en rejeter d'autres, ils leur prêtent une espèce de prescience."
Comte Rzewuski, Impressions d'Orient

un robot serpent pour opérer le cœur de l'intérieur

2322ad4c0019e6ec32eef3534da86b1c.jpgLe serpent robotisé a été déjà testé pour de réelles interventions cardiaques sur des porcs puis sur des cadavres humains.

l'article entier

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05.04.2008

Avatar

J’ai perdu connaissance, puis j’étais dans une auberge ancienne ou dans une écurie, rougeoyant le soir sous la flamme faible des lampes, mon sexe sectionné brillait dans la sciure, par terre. Je suis allé vers elle, ma bite, je me suis penché et je l’ai ramassée. Des cloches sonnaient. Elle s’est un peu recroquevillée dans ma paume, avec les doigts de la main droite j’ai commencé à la nettoyer, à la débarrasser de chaque miette de bois qui s’était collée à elle, et dans les plis de sa peau. Elle n’était pas tranchée droit à la base mais en Σ, je ne sais pas comment j’ai connu cette lettre grecque à ce moment, le sigma.
« Eh, bâtard ! », une voix a dit. Je me suis retourné, elle a répété, mais pas tout à fait pareil, ou c’est que j’avais mal entendu, la première fois : « Avatar ! »

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29.03.2008

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À l'armée des ombres qui m'ont trahie, je vous le dis, même en croyant bien faire, vous avez mal agi, très mal.
Je ne vous en veux pas, mais le mal est si profond. Le voyez-vous ?

19:50 Publié dans --- | Lien permanent | Envoyer cette note