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26.11.2007
La leçon d'Orphée
L’un des premiers états de Forêt profonde s’intitulait Tu me tues. Cela a fini par arriver, le chien a fini par me manger. Alina Reyes est morte un jour du printemps dernier, morte d’épuisement après cette éprouvante aventure contée dans Forêt profonde. Ce jour-là, Juan Asensio, alias le Stalker, avait ouvert ses commentaires sur l’une de ses notes. C’est là que je l’ai annoncée, ma mort.
Et voilà qu’en revenant chez Juan publier cette révélation du pillage de mon œuvre par Yannick Haenel, j’ai fait le chemin pour aller la chercher aux enfers, l’arracher à la Mort. Je ne savais pas où elle était passée, Alina Reyes. Maintenant j’ai compris. Sa tombe, c’était ce Cercle fermé, le livre d’Haenel. Quelqu’un avait dévoré l’âme d’Alina Reyes et la retenait dans ce tombeau, ce gros ventre de cinq cents pages.
Je suis en train de la ramener. Quand je me suis rendue compte de cela, de joie, j’ai chanté et dansé, entre deux plongées dans les textes, les limbes d’où je l’extrais. Et je connais la leçon d’Orphée : je ne me retournerai pas avant d’être arrivée au plein jour, au bout de ma tâche.
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