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29.11.2007
Si vous vivez
Voilà ce que j’appelle le dépaysement : vous n’êtes plus pour vous-même votre pays de connaissance. Vous n’êtes plus cet être qui mène ses pas, mais un être que ses pas ont mené où il ne se reconnaît plus. Tout se tait si fort que vos oreilles en bourdonnent. Qui est là ? Par où est ma maison ? Un pic martèle un tronc, mais il ne vous répond pas, ni lui, ni rien d’autre. Tout à l’heure vous marchiez en contemplant tous ces éléments charmants de la forêt, maintenant ce sont eux qui semblent vous contempler, immobiles, muets. Chacun son sort, semblent-ils penser. Vous voient-ils en intrus ? Ou simplement comme une pierre qui roule çà et là ? (Un jour, si vous vivez, viendra le moment de votre vie où vous serez devenu vous-même la forêt, et son regard immémorial sur l’être humain).
19:00 Publié dans Amour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Littérature

