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02.02.2008
Marchant
J’habite là, sur le chemin de mon pèlerinage,
marchant à l’intérieur de mon être du nord au sud de cette artère,
solidaire des millions d’hommes qui, au cours du temps, peinèrent à contre-courant,
nombreux et solitaires, radicalement et nouvellement seuls dans leur déracinement consenti et la quête de leur propre étrangeté,
hommes de passage défrichant pas à pas l’épaisse frontière de l’espace et détricotant à même leur corps le temps social.
Couchée sur le ventre nue dans mon lit chaque nuit je continue à avancer, le désir au sang, immobile à l’écoute de la rue,
où j’entends passer les cohortes anxieuses et apaisées de ceux qui comme moi tentèrent l’aventure, mus par une volonté de renaissance, mus par la volonté de sentir au-delà du sensible, et de vivre, vivre vraiment,
alors que l’humanité depuis des millénaires succombe à la force d’attraction de l’immobilisme, de la mort, de la fixation, déplace des montagnes pour s’emmurer, morte ou vive, construit des villes pour neutraliser la nature, circonscrire la vie, le mouvement,
et que tel un virus contrarié mais puissant la vie en redouble d’ardeur, investit les créations humaines comme celle de Dieu...
in La chasse amoureuse, Alina Reyes, Pockett, 2007
11:10 Publié dans Amour | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : Littérature

