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19.02.2008
Âme
(...) - Ne te font-ils pas ça tous les jours ? Ils étaient comme des hommes que le sanctuaire terrifie et affole, tant ils en ont un désir désespéré.
- Tu crois ça ?
- Oui, je crois.
- Que leurs fautes prennent feu, toutes les tiennes sont anéanties.
- Je t’aime, Seigneur, tu es en moi.
- Oui.
- Je suis morte et tu m’as redressée. J’étais là, couchée seule dans la forêt, sans vie. Et soudain, quelque chose m’a réveillée.
- Quoi ?
- L’arbre qui poussait en moi.
- Quel arbre ?
- Ta Croix. Elle a poussé, elle s’est déployée en moi. Ça faisait mal, ça fait mal. Mais aussi, c’était si brûlant et si doux !
- Qu’est-ce qui était bon ? La douleur ?
- Non, pas la douleur, pas du tout. La douleur me révoltait. Je commençais à Te voir, et c’est à Toi que je voulais être, pas à la douleur.
- Pouvais-tu la chasser ?
- Non. Mais je pouvais l’empêcher de nuire. Pendant que la Croix, en poussant en moi, me déchirait les chairs, je regardais la frondaison des arbres au-dessus de ma tête, et le ciel qui jouait dans les feuillages, où les oiseaux commençaient à revenir. De toute mon âme je contemplais Ta beauté, et plus la Croix m’ouvrait, plus Ta beauté me pénétrait. C’était tellement inouï de T’accueillir en moi ! C’est pourquoi j’ai accepté de souffrir, pour que Tu viennes et me combles toujours plus ! Et plus Tu venais en moi, plus Tu effaçais la douleur que me causait ta Croix.
- Tu étais, tu es, et tu seras si douce à habiter, ma bien-aimée !
- Oh, Dieu, tu me fais mourir de joie !
- Oui, meurs, meurs encore, viens ! Je te rendrai la vie chaque fois que tu mourras en moi, pour moi, par moi !
- Pourquoi ai-je tant de chance ?
- Tu le demandes ?
- Non. Je ne demande rien. Tu es en moi, tout est parfait. Ta croix m’a relevée, par elle dressée en moi je tiens debout, ouverte à toutes les dimensions humaines et aux quatre directions de l’infini divin.
- Continue à m’être bien obéissante, mon âme. Écoute mon cœur dans ton cœur, et tu ne pourras pas te tromper. Que ta vie soit de celles qui annoncent ma venue, toute proche.
- N’es-tu pas déjà là, Tout-Puissant ?
- Demande-le aux hommes. Quand chacun d’entre eux dira oui…
- Les morts renaîtront et ceux qui s’aiment seront réunis. O ma très longue douceur, que le ciel s’ouvre !
- Qu’il libère en toi mon ardent, éternel baiser !
- Que ta langue brûlante me pénètre, me bande par mon corps, arc renouvelé de notre alliance !
- Que l’esprit, du très-fond de ta chair aimée, bien aimée, te vivifie toujours !
- Ma joie de toi est sans limites, et sans limites par ma voix je l’apporterai, ta joie de moi.
- Toi et moi, libres comme personne, libres de tous, à jamais unis dans la seule, vibrante, infinie prière où jouir et rejouir l’un de l’autre.
- Mon tout-puissant époux, ton âme te boit jusqu’au nectar.
(...)
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