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22.02.2008
Amen
(...)
Même parmi ceux qui croient m’aimer, presque tous, sans le savoir, m’en veulent. Le Paradis, ils le réclament, mais quand ils y sont, ils s’y ennuient. Ce n’est pas moi qui les en chasse… C’est eux qui le quittent.
Il paraît que c’est à cause de la pomme… Le fruit de la connaissance du bien et du mal… On n’avait pas le droit d’en croquer, tu nous a punis…
Le droit, le droit… Mais ma petite, les hommes n’ont tout simplement aucun droit, devant moi ! Ce n’est pas pour autant que je les punis. Tu sais ce qu’est un fruit ? La conséquence de ce que l’on a semé. Les choses découlent les unes des autres, c’est tout. C’est ainsi dans la suite des millénaires comme à chaque instant.
Pardon, mais… Qui avait semé cet arbre ?
Tu le demandes ?
Oui.
Eh bien… Le vent, non ?
Ah. Et, le vent, qui ?
Dieu ne sème pas. Je suis qui je suis, je ne sème ni ne fauche, je me contente d’être. Le vent entre dans mon mode d’être, la graine et le fruit aussi. C’est ainsi.
Oui. Et je t’aime, d’être en moi.
Ainsi soit-il.
Tu t’offres aux hommes, mais ils ne s’en contentent pas.
Pourquoi ?
Parce qu’ils ont peur. Ils ont peur d’être. Ils ont peur du vertige d’être.
Retourne sur terre, mon ange, ma belle. Sois encore un être humain, dévoile pour moi ce qu’ils se cachent.
Tu m’aimes ?
À la folie.
Je me suis rendormie, bienheureuse.
(...)
08:09 Publié dans Amour | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : Littérature

