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08.03.2008

Perpétuelle renaissance

cf9106858e8b3cbb757f15751bcd1dee.jpgLe mot cosmos désignait chez les Grecs aussi bien l’ordre de l’univers que le mundus muliebris.

« Plus je perçois dans la nature ces instincts artistiques omniprésents et leur aspiration impérieuse à se manifester dans l’apparence, plus je me sens entraîné aussi à cette hypothèse métaphysique, que l’Être véritable, l’Un-primordial, en tant que souffrant éternellement et rempli de contradictions, a besoin pour sa perpétuelle libération, à la fois de l’enchantement de la vision et du plaisir de l’apparence. » (Nietzsche)

Leur vision esthétique du ciel, de la nature et de ses saisons trouvait en quelque sorte un écho dans le désir de beauté et d’harmonie manifesté par la parure des femmes. La parure dans un même temps voile et révèle l’essence, « il faut que la nature soit l’esprit visible, l’esprit la nature invisible » (Schelling), et l’esprit se manifeste par un bel arrangement, une séduction toute féminine, une image fantasmée et fantasmatique de lui-même.

Phusis, la Nature (de phuo, faire naître, faire croître) aime à se cacher… Le verbe employé par Héraclite dans sa fameuse sentence nous a donné le mot crypte, qui est à la fois grotte et chapelle souterraine. Ce qui apparaît se dissimule, et si le ciel étoilé nous éblouit, son principe réside dans les profondeurs chtoniennes où aime descendre et travailler l'esprit, toujours en quête de renaissance.