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07.04.2008
Neige bienheureuse
Et maintenant,
toujours brûlante,
laisser
tomber la neige.
Neige-t-il à Charleville ? Il pleuvait ce jour-là, une longue pluie froide sur la ville grise, mes cheveux noirs, mon manteau mauve, les roses rouges contre la dalle blanche, les yeux bleus d’Arthur sur ma silhouette immobile debout devant sa tombe. On est le 10 novembre, ce sont des roses du 176 rue Saint-Jacques, tu sais, l’Académie d’Absomphe…Avant de fermer la porte je les ai sorties du vase pour toi.
Ici, à la montagne, le temps des neiges est revenu. Encore une fois j’ai quitté Paris et la première nuit j’ai vu les étoiles par milliards pressées autour du Pont Lacté, radieux comme une auréole au-dessus de ma maison, et la deuxième nuit il n’y avait plus de ciel, seulement ces mêmes milliards de minuscules animaux célestes qui se laissaient tomber d’une invisible hauteur en tourbillonnant lentement dans la lumière de ma lampe.
(La Chasse amoureuse)
10:33 Publié dans Amour | Lien permanent | Envoyer cette note

