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10.04.2008
Orante
Vois mon flanc luire, sombre pierre ouverte qui chaque nuit aspire au creux d’une forêt à lire…
Ardente cavale de ta destinée - je suis la sauvageonne - de longs frissons courent sur mon échine – mon coeur à peau de tambour bat, bondit, résonne –
Je m’abandonne et d’un regard farouche incline – à être chevauchée.
J’ai trouvé la mienne
au creux de la forêt
j’ai trouvé la mienne
et je l’ai chevauchée.
À l’heure universelle, creuset des avènements,
belle jument, ma galopante, j’ai flairé ton odeur
Moi, désirante et libre
et désirante, aveugle, lancée sur le chemin profond de mon désir sans fin,
puis aveugle voyante, traçant au coeur du temps des veines de lumière,
et désirante, orante, lancée sur le chemin sans fin de ma prière
blanche prière comme la voix de qui a vu
“Grands arbres nocturnes qui tendez au ciel vos racines dorées de vos branches feuillues faites vibrer profonde la terre puits d’amour !”
prière de source comme coule le sang des renaissances
“Rêve, Amour, à mon corps de terre noire que la pluie rouge s’annonce et que les morts doucement soulèvent leurs paupières !”
La pluie rouge s’annonce, et c’est le vin de Dieu.
(La chasse amoureuse)
16:21 Publié dans Amour | Lien permanent | Envoyer cette note

