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28.06.2008
Éventail
L’homme est un éventail, il a besoin d’autrui pour se déployer, révéler et offrir le merveilleux paysage peint dans les replis de son âme.
12:52 Publié dans Amour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Croisés
Les seules épées que nous avions, mes frères et moi, étaient celles que nous fabriquions inlassablement, en ficelant deux bouts de bois en croix.
12:51 Publié dans Amour | Lien permanent | Envoyer cette note
26.06.2008
Tout proche
La brise enfle, une neige de soleil en poudre enveloppe quelques secondes le tableau, les couleurs se fondent les unes dans les autres et tout se perd dans un évanouissement blanchâtre, sécrétion de joie douloureuse jaillie du Temps surpris nu au milieu du décor.
(in Forêt profonde)
16:22 Publié dans Amour | Lien permanent | Envoyer cette note
24.06.2008
Je reviens de chez le coiffeur, où j’ai écrit ce petit texte, et je suis la plus heureuse du monde

Il y a une continuité entre saint Jean le baptiste et saint Jean le théologien. L’un annonce, l’autre révèle. Celui qui vient, Celui qui revient. L’un, l’aimant, l’autre l’aimé, et tous deux l’un et l’autre. Le désert, la grotte. L’eau du baptême, le ciel des visions. Vie des éléments, surnaturelle. Âpreté des lieux, radicalité de la parole. La basilique qu’inspira le théologien à Éphèse, comme son monastère à Patmos – implacables, allure de forteresse.
Coupez les têtes aux langues bien pendues, elles repoussent à la saison suivante.
18:40 Publié dans Autoportrait | Lien permanent | Envoyer cette note
24 juin, saint Jean Baptiste
J’étais revenue du pays des morts, j’avais pour le restant de mes jours l’obligation morale de voir les couleurs, de reconnaître la vie et de lui rendre grâce. Une jeune fille s’est mise à chanter. De ma place je ne la voyais pas, mais je voyais l’ondulation de sa voix au-dessus des herbes, portant sa mélodie lente et ardente à l’intérieur même de la chair du monde. Comme si je m’éveillais soudain, j’ai pris conscience que ce chant venait de l’intérieur de moi, j’étais la jeune fille en train de chanter, c’était l’amour en moi qui passait par ma gorge et chantait.
Le soir est tombé. Les chevaux, dessellés, étaient partis courir librement pour la nuit. Ils savent se défendre contre les loups. Nous avons dîné d’agneau grillé et de lait de jument fermenté, en compagnie de notre nouvelle famille, ce petit groupe de nomades aux yeux bien fendus, indépendants et hospitaliers, qui nous ont accepté parmi eux. Fatigué par sa chevauchée, Jean-Loup s’est endormi très vite. Baptiste et moi nous l’avons regardé, notre ange, dans son sommeil.
Quand nous avons été couchés l’un contre l’autre, j’ai dit à Baptiste, en caressant son torse et ses bras musclés par la vie au grand air : Nous sommes partis si loin, loin… Sur sa peau je sentais les grands espaces qui n’en finissent pas, et les chevaux demi-sauvages, et le temps bien revenu de notre enfance. Ses cheveux avaient poussé. Détachés, ils bouclaient le long de son dos. Nous nous sommes emboîtés, nous avons roulé l’un sur l’autre, l’autre sur l’un, encore. Il m’a semblé qu’il n’avait jamais pénétré aussi profondément en moi, comment pouvais-je être aussi profonde, et lui aussi pénétrant ? Après l’amour, il s’est endormi sur moi. Tous deux bras en croix, nous tenant par les mains.
(La Dameuse)
08:33 Publié dans Amour | Lien permanent | Envoyer cette note
23.06.2008
Messages révolutionnaires
... Paolo Uccello peint la forme avec science ; et la forme est encore ardente parce qu'elle proche de l'essence qui lui a donné naissance (...) Dans leurs lignes, dans leurs plans, ceux qu'on appelle les primitifs manifestaient la tradition pythagoricienne des nombres.
Antonin Artaud, Messages révolutionnaires
22:22 Publié dans Amour | Lien permanent | Envoyer cette note
22.06.2008
Innocence
Le meilleur de ma vie (l'essentiel de ma vie, ma vie) est ce que j’ai vécu, depuis mon enfance, en recherche d’innocence, c’est-à-dire d’obéissance à Dieu. Tout le reste est déchet, mais c’est ainsi, toute vie pour s’accomplir doit produire beaucoup de déchet – c’est pourquoi nous souffrons, comme Dieu lui-même souffre. Quand nous accédons à l’obéissance, la souffrance est anéantie et laisse toute la place à la joie (une joie empreinte encore de la mémoire de la souffrance), une joie qui semble pouvoir grandir à l’infini, de façon parfois presque insoutenable, une joie entièrement partagée avec Dieu.
Je continue à chercher l’innocence, c’est une quête à renouveler sans cesse, comment vivre l’innocence, comment vivre pleinement et vivre ce pleinement en état d’innocence, comment affiner toujours cette innocence et ainsi la laisser nous libérer de plus en plus, c’est tout ce que nous avons à faire, et quand nous le savons plus rien d’autre n’importe, et tout s’ensuit, l’amour vrai, le désir de pauvreté, la chasteté vécue d’elle-même sans effort, dans l’amour physique ou sans amour physique, la disparition de la peur, de la mort, de la séparation. Une avancée à réaliser sans fin, vers la fin du monde, qui est révélation et renaissance totale de l’être.
23:19 Publié dans Amour | Lien permanent | Envoyer cette note
À en fondre d’amour
Je ne crois pas en Dieu, je SAIS qu’il est, qu’il existe, qu’il vit. Qu’il nous parle, qu’il nous répond, si nous sommes attentifs. Qu’il agit en nous, si nous l’aimons. Que cet agissement qu’il accomplit en nous est la chose la meilleure du monde à vivre et à sentir, absolument.
22:05 Publié dans Amour | Lien permanent | Envoyer cette note
Les liaisons surnaturelles
La justice surnaturelle, l'amitié ou l'amour surnaturel se trouvent enfermés dans toutes les relations humaines où sans qu'il y ait égalité de force et de besoin il y a recherche du consentement mutuel. Le désir du consentement mutuel est charité. C'est une imitation de la charité incompréhensible qui persuade à Dieu de nous laisser notre autonomie.
Simone Weil, Commentaires de textes pythagoriciens
20:03 Publié dans Amour | Lien permanent | Envoyer cette note
8 coeurs de Marie
10:35 Publié dans Amour | Lien permanent | Envoyer cette note

