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14.12.2008
Pénétrer et connaître
Dans un premier état, qui n’a pas été conservé me semble-t-il, le manuscrit de mon premier roman, Le Boucher, avait cette phrase (la seule dont je me souvienne parfaitement), pour commenter le moment où l’homme « connaissait » la femme, le moment de la pénétration : « et c’est l’entrée massive du Sauveur ».
Bien entendu on ne peut se contenter d’une lecture littérale de cette phrase – et si elle n’apparaît pas dans le livre, c’est pour éviter qu’en soit exclusivement faite une telle lecture. Mais les mots sont vivants, et ils parlent d’eux-mêmes. Pénétrer veut dire aussi comprendre. En pénétrant le mystère que « je » suis, l’homme me comprend (et dans ce verbe aussi, on peut entendre ce qu’il donne à entendre). Si j’y trouve un éblouissement immédiat, c’est que je me suis abandonnée à cette possibilité de pénétration, je me suis présentée tout accueil (sinon, je n’en retirerai que tristesse ou mépris).
Mais l’homme lui-même doit être ouvert au mystère et ouvert à l’autre, pour réussir à pénétrer. Car même en croyant « pénétrer », il arrive qu’il se répande à côté, commettant le péché d’Onan, qui apparaît ainsi comme un péché de fermeture sur soi, une faute de compréhension, qui le fait « se répandre » en faux jugement, en fausses et stériles paroles.
C’est cette faute si courante qui a fait la mauvaise réputation de la sexualité. Ce n’est pourtant pas pour rien que Dieu nous a constitués en êtres sexués. Mais pour que l’homme et la femme puissent être l’un pour l’autre voie vers Dieu.
15:46 Publié dans Amour | Lien permanent | Envoyer cette note

