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18.12.2008

Noël

Entre les plumes de la mort se joue une musique.
Sa partition vous porte et vous emporte, nageant dans le ruban de notes vous traversez le silence du temps.
Sur l’autre rive il y a un ascenseur. Ses parois sont en cristal. Vous passez à travers et il vous monte, à une vitesse lente de lumière, où vous faites
autour d’eux la nuit noire, neige inversée, danser sans bruit dans l’air tiède, à flocons venir, poser sa caresse dans son cou à elle, sur sa nuque à lui.
Côte à côte ils marchent sur une route de campagne dont on distingue à peine les bords, coulant droite dans la ténèbre entre les prés, côte à côte ils marchent droit devant eux comme s’ils y voyaient, et il est vrai qu’on y voit pourtant, comme s’il y avait des lanternes invisibles çà et là dans le tableau, peut-être des étoiles au ciel mais non, la lumière vient de partout, à peine, sans se montrer, des animaux-lumières évoluent dans le paysage, secrets animaux nocturnes qu’on ne voit pas et qui tremblent dans les yeux de l’homme et de la femme pour qu’ils y voient, leurs lampes dans les yeux.
Dans la nuit noire ils avancent, vers leur nuit inversée, sans savoir. C’est une nuit d’été très douce et silencieuse, qui laisse entendre tous les chuchotis de la nature, alors que de l’autre côté du temps la neige maintenant salue le soir de Noël, froufroutante, avalant tous les bruits. L’homme et la femme remuent-ils les lèvres en avançant ? Ce qu’ils se disent dans le noir, si le son ne sort pas d’entre leurs lèvres c’est la terre, l’herbe et l’air qui leur murmurent les paroles qui entrent dans leur bouche ouverte, et s’ils ne voient rien dans l’ombre profonde où ils avancent, c’est du cœur de l’obscur que pénètre en eux, par tous leurs pores, la vision de ce qu’ils ne savent pas venir, par-delà homme et femme, par-delà mort et vie, leur union.
(Forêt profonde)

10:39 Publié dans Amour | Lien permanent | Envoyer cette note