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24.12.2008
à la Source
Longtemps toutes les nuits j’ai mêlé mes jambes à celles de l’homme dans les lits.
Des faims charnelles m’éveillaient, les miennes ou celles de l’aimé.
Sans allumer, les corps entre les draps l’un l’autre se touchaient comme des animaux étranges au fond des mers,
Par mouvements aveugles, tête à queue, face à face, ventre à dos,
Et l’amour se faisait, brûlant et doux, parenthèse d’éternité au creux des heures obscures,
Lumière donnée entièrement de l’être à l’être,
Réciproquement donnée, mais plus encore, secrètement, donnée pour toute l’humanité.
Mystère de la sombre, innocente pulsion qui s’offre à éclairer les hommes,
Du désir qui remonte, poisson vif, la rivière des siècles, pour frayer à la Source.
*
Dans la bonne grande fatigue, rassasié de jours,
Comment ne pas songer
À la douceur du sommeil ?
*
Et notre amour, est-il à l’image de Dieu ?
C’est ainsi que je le veux.
Est-il immortel, infini, absolument splendide ?
Tient-il parole ?
Est-il toujours plus surprenant, bouleversant,
Et malgré tout royalement serein ?
C’est ainsi que je le vis, le reconnais et l’offre,
Cœur d’or entre mes paumes tendues,
À Dieu.
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