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28.02.2009

Cela qui vient

DSC04275.JPG"... L’œuvre de création part de Dieu. Elle englobe tout. En fait le Créateur est déjà désigné dès le début de cette acclamation.
« Digne es-tu, le Seigneur et notre Dieu,
de prendre
la gloire et l’honneur et la puissance. »

Dans la première vague de l’acclamation, le sujet qui acclame l’emporte sur l’objet de son acclamation, tout entière centrée pourtant sur cet objet : le Seigneur. Dans la deuxième vague, l’objet de l’acclamation est premier. C’est logique puisqu’il s’agit du Créateur. Mais il faut le sujet créé pour l’exprimer. « Gloire, honneur et action-de-grâces (eucharistia !) » du début deviennent, à la fin : « La gloire, l’honneur et la puissance ». La puissance en question est tout sauf dominante ou écrasante. Elle se communique par pure oblation de soi, par amour.


Pour annoncer ce qui doit arriver bientôt, c’est-à-dire la venue du Christ dans l’histoire du monde et de l’Église, la fin, il est impératif de dévoiler le secret de la création. Elle est en réalité la manifestation de la gloire et de la puissance de Dieu, attendue dans l’espérance pour la fin. C’est une puissance sans ambiguïté puisqu’elle est célébrée par des créatures conscientes de leur vulnérabilité et de leur fragilité, mais plus encore de la manière dont cette gloire et cette puissance se dévoilent en « Celui qui nous a déliés de nos péchés dans son sang » (1, 5b) : « Le vivant, et je devins mort et voici, vivant, je (le) suis » (1,18), l’Agneau qui va être présenté comme égorgé en 5,6.9.12. La circularité de l’acclamation liturgique, ne fait qu’épouser la triple titulature remaniée du tétragramme : « Celui qui était et Celui qui est et Celui qui vient » (1,4.8 ; 4,8).


La liturgie s’en trouve définie comme cette synergie en acte de l’œuvre créatrice de Dieu et de son assomption créatrice par l’homme en société, ou en communauté cultuelle. Ce culte marque l’ouverture de la société humains à plus grand qu’elle. Il n’est en rien aliénant. Cette symbiose de l’homme et de Dieu respecte la spécificité de l’un comme de l’autre, sans opposition dualiste, mais dans la reconnaissance d’une réelle dualité. La dualité n’empêche pas la plus étroite communion, elle la rend possible. Nier cette dualité priverait de cette union sans confusion.

Yves Simoëns, sj
extrait d'une formation en plusieurs étapes proposée par le site croire.com, conçue par l'auteur à partir de son livre, à découvrir ici, sur le site des Jésuites.