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03.03.2009

Priez, mes prières !

Comment ai-je pu vivre si longtemps
Sans toi, Seigneur ? Oh, je sens
Une boule de feu dans ma poitrine !
Je t’aime tant ! Tu es ma vie,
Tu prends toute ma vie.
Je te portais, tu grandissais en moi,
Mon ventre aveugle n’en savait rien,
Ou si peu. Si peu que c’était presque tout,
Ce très peu qui voulait se savoir,
Se révéler, se donner à ma connaissance,
À mon amour. Quel grand mystère,
Celui de ta présence en l’homme.
De ton développement, de ta manifestation,
De ton avènement au centre de la chair,
De l’âme, du pur esprit de l’homme.
Par toi ma chair est transformée
En vivant vitrail de ta passion,
De ta résurrection. Se peut-il que tu nous aies donné
Ton corps à manger, ton sang à boire
Jour après jour jusqu’au jour
Où nous savons, où nous saurons
Que nous sommes nous-même ce corps que nous mangeons,
Ce sang que nous buvons, les tiens ?
Que tu n’en finisses pas de descendre du ciel en nous
Pour nous y assumer ? Oui, je le sais,
Et mon amour de toi n’en finit pas,
Et mon chant vers toi jamais n’en finira
De monter. Mon très-aimé, mon tout-aimé,
Mon Dieu, toi que j’aime aussi
En l’ami qui s’est laissé par toi habiter,
Habiller de lumière, en celui
Que tu m’envoies et vers qui tu m’envoies,
Et en tous nos enfants, nos frères.
Oh, que ta flamme leur soit révélée,
Consume leurs péchés, ouvre en leur sein
Les milliers d’yeux que tu y fis !
Je te rends grâce et je m’abreuve
De silence, toute union et désir,
Toute joie bue et partagée,
Sans fin renouvelée, avec toi
Et tout homme qui t’aime.