« 2009-02 | Page d'accueil
| 2009-04 »
31.03.2009
Ce que tu fais, fais-le vite
11:03 Lien permanent | Envoyer cette note
Fonte des neiges
09:56 Lien permanent | Envoyer cette note
30.03.2009
Pèlerinage aux sources
C’est donc un pèlerinage que font les chrétiens chaque dimanche en allant à la rencontre de Dieu dans l’eucharistie.
La vie est merveilleuse.
Me revient en mémoire le livre lu et relu dans mon adolescence, Le pèlerinage aux sources de Lanza del Vasto.
Il y a en moi une inquiétude chrétienne qui se préfère, quoique boiteuse, à la sérénité parfaite dont je vois le modèle ici. Si j’avais le rare courage et le pouvoir de me vouer à la sainteté j’y chercherai moins la paix du sommeil absolu que les délires de l’âme amoureuse. Si j’en avais le rare courage et le pouvoir, je ne me croirais pas le droit de chercher le salut par moi-même, en moi-même et pour moi-même. Il me faudrait passer par le bien d’autrui pour arriver à mon bien et je tiens que charité vaut mieux encore que sagesse.
C’est pour ces raisons que je me rendrai à Wardha chez Gandhi.
Oui, pour y apprendre à devenir meilleur chrétien.
…
Je pense qu’il y a des peuples animaux, c’est-à-dire agités et voraces, et des peuples végétaux.
Celui-ci me fait penser à un grand arbre par sa majesté pacifique, par son frémissement sur place, par sa puissance inoffensive.
Il est par nature évangélique. Simplicité, humilité, chasteté, charité fraternelle relevée d’une certaine délicatesse féminine, hospitalité, respect de toute vie, résignation à la volonté divine, détachement, font beaucoup mieux ici le tissu de la vie familière qu’en pays chrétien.
Je lis tout ce texte et j’ai de nouveau dix-sept ans à la Fin des Terres, vibrant sans fin entre océan et estuaire, la vie devant moi, en moi la soif immense.
image trouvée ici, chez un pèlerin de Compostelle
08:37 Lien permanent | Envoyer cette note
29.03.2009
Par « le milieu » répandant ses entrailles
Erri de Luca dit dans l’un de ses livres que lorsque le Christ tend l’autre joue, c’est, à son sens, parce qu’il n’en a pas une troisième à tendre : gare donc, à qui le frapperait deux fois, il ne pourrait lui être offert une troisième occasion !
Pour moi, j’entends cette deuxième joue tendue comme un geste très proche de la phrase : « Que celui d’entre vous qui n’a jamais péché lui jette la pierre ». Un défi au cœur et à l’esprit, au sens de la justice : frapper l’autre joue tendue ou jeter la pierre serait pécher délibérément contre l’esprit, et donc se condamner soi-même.
Jérémie disait au Seigneur : « Seigneur, tu m'as averti, et maintenant je sais, tu m'as fait voir leurs manoeuvres. Moi, j'étais comme un agneau docile qu'on emmène à l'abattoir, et je ne savais pas ce qu'ils préparaient contre moi. Ils disaient : 'Coupons l'arbre à la racine, retranchons-le de la terre des vivants, afin qu'on oublie jusqu'à son nom.' Seigneur de l'univers, toi qui juges avec justice, qui scrutes les reins et les coeurs, fais-moi voir la vengeance que tu leur infligeras, car c'est à toi que je confie ma cause. », dit le Livre de Jérémie, chapitre 11,19-20.
C’était la lecture d’hier. Aujourd’hui nous lisons, au chapitre 31, verset 33 du même livre : Je mettrai ma Loi au plus profond d'eux-mêmes ; je l'inscrirai dans leur coeur.
C’est ce qu’est venu accomplir le Christ. Ainsi, qui viole la Loi, c’est son propre cœur qu’il détruit. La vengeance de Dieu dont parlait Jérémie un peu avant, c’est l’homme lui-même qui la réalise en son propre cœur, quand il trahit sa Loi.
La violence, la trahison et le mal sont liés comme un nœud de serpents.
Judas, par lui-même pendu dans son champ, ne sachant lâcher prise, plus que jamais s’accroche à sa trahison, continue à éclater par le milieu et à répandre ses entrailles(Actes, 1, 18), pour son plus grand malheur.
Judas est le monde.
Celui qui aime sa vie la perd ; celui qui s'en détache en ce monde la garde pour la vie éternelle.
12:45 Lien permanent | Envoyer cette note
28.03.2009
Dans les mains : contempler le Saint-Sacrement
J’aime recevoir l’hostie dans mes mains jointes en coupe, en berceau. Dans la paume elle repose comme une icône, où je contemple le visage du Christ, avant de l’incorporer.
12:54 Lien permanent | Envoyer cette note
Amen
Sur l'extraordinaire Musique de choeur a capella de Gorecki comportant un seul mot : AMEN, on peut gouter un peu de ce mystère abyssal de l'incarnation par la contemplation de la Sainte FACE .
" Dans l'Humanité du Christ, le Superessentiel s'est manifesté dans l'essence humaine... sans cesser d'être caché...et aprés cette manifestation, il demeure dans le mystère... aucune raison, aucune intelligence n' a pu aller au bout de ce qu'Il est lui-même... Quoi qu'on dise de Lui, il demeure inconnaissable ..." Denys l'aréopagite...
"Le fils est de même nature que le Père et par lui Tout a été fait" Concile de Nicée.
10:37 Lien permanent | Envoyer cette note
27.03.2009
Points cardinaux, racines, ciel
Le cloître d'un monastère a pour but de relier les différentes ailes des bâtiments d'habitation. Il offre un cadre particulièrement calme qui permet à la fois d'aller d'un endroit à l'autre du monastère sans subir l'inconvénient des intempéries et par ailleurs de déambuler tout en méditant. Le cloître de Ligugé date du 19ème siècle, il est édifié sur des structures plus anciennes. Au 20ème siècle, les baies ont été garnies de fenêtres dans le style flambloyant. Symboliquement, le cloître du monastère avec son puits central est vraiment le centre du monastère reliant les points cardinaux, plongeant ses racines au profond de la terre et s'ouvrant sur le ciel.
image (cliquer pour agrandir)et texte trouvés ici sur le site de l'abbaye de Ligugé
20:43 Lien permanent | Envoyer cette note
Paroles du jour
Livre de la Sagesse, chapitre 2,1...22
Les impies ne sont pas dans la vérité lorsqu'ils raisonnent ainsi en eux-mêmes : Attirons le juste dans un piège, car il nous contrarie, il s'oppose à notre conduite, il nous reproche de désobéir à la loi de Dieu, et nous accuse d'abandonner nos traditions. Il prétend posséder la connaissance de Dieu, et s'intitule fils du Seigneur. Il est un démenti pour nos idées, sa simple présence nous pèse ; car son genre de vie s'oppose à celui des autres, sa conduite est étrange. Il nous regarde comme des gens douteux, se détourne de nos chemins comme s'il craignait de se salir. Il proclame bienheureux le sort final des justes, il se vante d'avoir Dieu pour père.
Voyons si ses paroles sont vraies, regardons où il aboutira. Si ce juste est fils de Dieu, Dieu l'assistera, et le délivrera de ses adversaires. Soumettons-le à des outrages et à des tourments ; nous saurons ce que vaut sa douceur, nous éprouverons sa patience. Condamnons-le à une mort infâme, puisque, dit-il, quelqu'un veillera sur lui. »
C'est ainsi que raisonnent ces gens-là, mais ils s'égarent ; leur méchanceté les a rendus aveugles. Ils ne connaissent pas les secrets de Dieu, ils n'espèrent pas que la sainteté puisse être récompensée, ils n'estiment pas qu'une âme irréprochable puisse être glorifiée.
Evangile selon saint Jean, chapitre 7,2...30
La fête juive des Tentes approchait. Lorsque les frères de Jésus furent montés à Jérusalem pour la fête, il y monta lui aussi, non pas ostensiblement, mais en secret.
La semaine de la fête était déjà à moitié passée quand Jésus monta au Temple et se mit à enseigner. Quelques habitants de Jérusalem disaient alors : « N'est-ce pas lui qu'on cherche à faire mourir ? Le voilà qui parle ouvertement, et personne ne lui dit rien ! Les chefs du peuple auraient-ils vraiment reconnu que c'est lui le Messie ? Mais lui, nous savons d'où il est. Or, lorsque le Messie viendra, personne ne saura d'où il est. » Jésus, qui enseignait dans le Temple, s'écria : « Vous me connaissez ? Et vous savez d'où je suis ? Je ne suis pas venu de moi-même : mais celui qui m'a envoyé dit la vérité, lui que vous ne connaissez pas. Moi, je le connais parce que je viens d'auprès de lui, et c'est lui qui m'a envoyé. »
On cherchait à l'arrêter, mais personne ne mit la main sur lui parce que son heure n'était pas encore venue.
Lectures du jour
08:53 Lien permanent | Envoyer cette note
26.03.2009
Un autre passage de mon livre à paraître sur la Cueillette, dédié à l'esprit d'enfance
Un jour est apparu sur cette Terre un être que nous appelons humain, c’est-à-dire un animal doué de conscience. Au tout début, pour lui c’était l’Éden, dit-on. En tout cas tout homme connaît la nostalgie du temps de son innocence, celui où il n’était pas séparé de la nature. Temps des chasseurs-cueilleurs où l’homme vivait en harmonie avec son milieu. Ce qui sans doute ne l’empêchait pas de connaître la terreur, la violence infligée par certains animaux ou par d’autres hommes, de souffrir de la mort de ses proches, et de se savoir lui-même mortel. Mais du moins cette activité, la cueillette, reste-t-elle inscrite dans notre mémoire comme la plus paisible de toutes, la plus bienfaisante aussi.
Non seulement elle fournit une nourriture quotidienne, mais aussi elle nous donne le sentiment d’être en quelque sorte choyé par la divinité, qui nous offre gracieusement toutes sortes de délices. Il me semble que le fait de recevoir tout ceci a beaucoup participé à nous ouvrir la conscience.
Qui reçoit a envie de remercier. Qui perd a envie de pleurer, ou de se révolter. Nous, les hommes, nous avons compris qu’il nous était donné et qu’il nous était pris. Nous avions l’étincelle nécessaire pour le comprendre, et cette compréhension a transformé l’étincelle en lumière. En lumière aussi précieuse que le feu pour notre humanité, et qui menace à tout moment de nous quitter, si nous ne veillons pas assez à l’entretenir et à la garder.
« Cueille le jour », disait il y a déjà longtemps le poète Horace. « Après cette tempête… sois sage, filtre ton vin, /Coupe les ailes de l’espoir. Nous parlons, le temps fuit, /Jaloux de nous. Cueille le jour sans compter sur demain. »
À chaque jour suffit sa cueillette. La manne reviendra demain, si seulement nous avons foi en la vie : si nous ne nous usons pas à remplir notre panier d’inutiles soucis, nous pourrons la ramasser et nous en nourrir. Si longtemps encore, qu’il sera sans fin, ce jour, à cueillir.
17:32 Lien permanent | Envoyer cette note
Encore
13:03 Lien permanent | Envoyer cette note

