24.02.2009
Jeûner
"Le carême doit avoir un aspect concret, sinon il n'a pas beaucoup de sens. Le carême est un ensemble de pratiques. Cela répond à notre incarnation, car nous ne sommes pas de purs esprits !"
...
- La pratique du jeûne est-elle un lieu de rencontre entre les religions ?
"Avec les bouddhistes, il n'est pas facile de se rejoindre sur les croyances. En revanche, les moyens, les étapes, les méthodes de la vie spirituelle sont très souvent les mêmes que les nôtres. Pour les bouddhistes tibétains, le jeûne est très important. Certains ascètes bouddhistes ne mangent pratiquement rien pour atteindre l'extase. De même les musulmans jeûnent sérieusement et courageusement pendant le Ramadan. Cela force le respect.
Il n'est pas étonnant de retrouver des pratiques similaires dans les différents religions, car la nature humaine est la même partout. Nous sommes corps et âme et il faut parfois que le corps se restreigne pour que l'âme grandisse.
Nous, occidentaux, avons un peu perdu cela. Mais chez les catholiques orientaux et les orthodoxes, le jeûne a une place très importante et ils nous interrogent souvent sur notre manière de jeûner."
Mgr Le Gall, à lire en entier ici sur croire.com
"... le jeûne, c’est ce moment où de façon délibérée on reprend le chemin des matins clairs, où le soleil est plus lumineux encore, tandis que l’air est vif et frais. C’est une invitation à rééclairer le quotidien de la foi, celui de la vie.
... Une invitation : relire le très beau chapitre 58 d’Isaïe. "
P. Jacques Nieuviarts, ici...
et donc Isaïe 58, dont voici un extrait :
Is 58:5- Est-ce là le jeûne qui me plaît, le jour où l'homme se mortifie ? Courber la tête comme un jonc, se faire une couche de sac et de cendre, est-ce là ce que tu appelles un jeûne, un jour agréable à Yahvé ?
Is 58:6- N'est-ce pas plutôt ceci, le jeûne que je préfère : défaire les chaînes injustes, délier les liens du joug; renvoyer libres les opprimés, et briser tous les jougs ?
Is 58:7- N'est-ce pas partager ton pain avec l'affamé, héberger chez toi les pauvres sans abri, si tu vois un homme nu, le vêtir, ne pas te dérober devant celui qui est ta propre chair ?
Is 58:8- Alors ta lumière éclatera comme l'aurore, ta blessure se guérira rapidement, ta justice marchera devant toi et la gloire de Yahvé te suivra.
Is 58:9- Alors tu crieras et Yahvé répondra, tu appelleras, il dira : Me voici! Si tu bannis de chez toi le joug, le geste menaçant et les paroles méchantes,
Is 58:10- si tu te prives pour l'affamé et si tu rassasies l'opprimé, ta lumière se lèvera dans les ténèbres, et l'obscurité sera pour toi comme le milieu du jour.
Is 58:11- Yahvé sans cesse te conduira, il te rassasiera dans les lieux arides, il donnera la vigueur à tes os, et tu seras comme un jardin arrosé, comme une source jaillissante dont les eaux ne tarissent pas.
Is 58:12- On reconstruira, chez toi, les ruines antiques, tu relèveras les fondations des générations passées, on t'appellera Réparateur de brèches, Restaurateur des chemins, pour qu'on puisse habiter.
19:44 Lien permanent | Envoyer cette note
Témoignage d’une confrairesse du XXIe s
parler de la Sainte-baume, c’est écrire une histoire d’amour, celle qui nous fait prendre mille chemines, mille impasses,...
Arrivé aux Trois-Chênes, le chemin s’ouvre clair et joyeux, bordé de splendides et solides chênes, ifs, hêtres, aux pieds desquels surgissent humblement les si jolies fleurs des sous-bois.
Tout est simple, tout est léger, tout est beau; et puis, c’est le premier oratoire, la première rencontre, celle qui transforme. le sentier monte insensiblement, le pas s’alourdit, la montée s’accentue, les oratoires se succèdent et nous rappellent le but : retrouver nos frères et soeurs dans ce lieu sacré où la présence de Marie-Madeleine est si prégnante.
le monastère se profile, la falaise vivante de ses sculptures s’impose; sur ce chemin des rois que parcourent saint Louis, François Ier, Louis XIII,... et nos chers frères Dominicains (Lacordaire, Lagrange, Vayssière,...). Nous voici pèlerins aujourd’hui, dans une même quête, un même désir de partage et de bonheur communiés; tel est bien le miracle : dans l’austérité de ce lieu épuré, la grotte gardienne de notre confrérie - vivante par chacun de nous - nous accueille, nous saisit, nous laisse apaisés par la certitude d’être enfin arrivé.
ici
15:51 Lien permanent | Envoyer cette note
La déclaration d'amour de Mgr Jean-Pierre Ravotti à Marie Madeleine
"(...)
1. Une femme
J’aime Marie-Madeleine - faudrait-il le taire ? - d’abord et surtout parce qu’elle est une femme. C’est bien ainsi que nous la présente saint Luc dans son Évangile de la pécheresse pardonnée : « Et voici qu’une femme... » (Lc 7, 37). N’allez pas croire à une figure figée, embaumée, mièvre, comme certains imaginent les saints... Pensez plutôt à ces belles femmes au passage desquelles on se retourne pour les contempler plus longuement. Une femme en chair et en os, quoi ! L’iconographie plus récente privilégie d’ailleurs cette image. Il n’y a pas que des Madeleine exsangues et décharnées, dont l’abondante chevelure est le seul vêtement. Dans tout l’Évangile, Marie-Madeleine apparaît bien comme une femme avec une sensibilité, des réactions, des gestes de femme. Vous voyez un homme parfumant les pieds ou la tête de Jésus !
Marie a bien un cœur de chair, qui vibre, qui s’émeut, qui se passionne, qui gémit aussi, qui cherche, qui s’accroche, avec cette ténacité et cette fidélité, ce courage, dont les femmes seules sont capables. Comme le fait la liturgie, aussi bien l’ancienne liturgie de sainte Marie-Madeleine que la nouvelle, on peut bien lui prêter les confidences de l’Épouse du Cantique des Cantiques : « J’ai cherché celui que mon cœur aime [...], je l’ai saisi, je ne le lâcherai pas » (Ct 3, 1.4). Remarquez combien ce texte se rapproche de la page de saint Jean racontant la rencontre de Marie de Magdala avec le Ressuscité au matin de Pâques. Toujours ces mêmes attitudes de femme empressée, désireuse de retrouver et de retenir l’objet de son amour : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? [...] Cesse de me tenir (ou : Ne me retiens pas ainsi)... » (Jn 20, 15.17).
Mes amis, la vie chrétienne est sans cesse un appel au dépassement, à la conversion, à la vie nouvelle. Mais Dieu ne saurait nous demander de renoncer à notre humanité, lui qui nous a créés « à son image et à sa ressemblance » (cf. Gn 1, 27), Lui qui en Jésus-Christ a pris chair, notre chair, de la Vierge Marie. La foi n’exige nullement le reniement de notre humanité, mais bien plutôt sa transfiguration. Nous sommes appelés à la vivre, à l’incarner, à lui donner chair, dans nos cœurs et dans nos corps, sur cette « terre douloureuse, dramatique et magnifique », comme le disait Paul VI dans son testament.
(...)
2. Une pécheresse
J’aime Marie-Madeleine - oserais-je le dire ? - parce qu’elle est pécheresse, se sait pécheresse et ne cache pas sa misère. La pire des illusions "consiste à l’oublier et à se croire justes, alors que nous avons tous infiniment besoin du pardon de Dieu. Laissez-moi vous dire à ce propos que l’abandon de la confession n’est sûrement pas un gain, mais bien plutôt une perte : perte du sens de Dieu, perte du sens du péché, perte de notre capacité de pardon, de notre capacité à accueillir et à offrir le pardon. Je suis souvent impressionné par la dureté et la raideur de notre monde. On ne veut plus de normes, surtout morales, tout est enfin permis... mais lorsqu’un pauvre homme tombe, lorsque le scandale éclate, on devient impitoyable. L’Église, qui expérimente elle aussi sa misère, fait tout le contraire. Elle nous rappelle, parfois dans le désert, que nous ne saurions vivre sans une loi morale et des principes éthiques, mais lorsque quelqu’un succombe, elle est toujours prête à lui offrir sa miséricorde, qui n’est autre que celle de Dieu.
(...)
3. Une femme d’audace
J’aime aussi Marie-Madeleine parce qu’elle n’est pas un personnage étriqué, guindé, ni une sainte nitouche, ni une vieille fille renfrognée, mais une femme d’audace, une chrétienne qui ose. Le P. Bruckberger l’a si bien dit : « Elle voit grand, elle aime grand, elle ne frappe qu’aux portes dont le marteau est à hauteur de cavalier. Par sa seule beauté, par son style, par la hardiesse et la justesse de ses gestes, elle est trop spectaculaire. Elle est provocante. Elle provoque l’admiration et du côté de l’ombre, la colère. »
Rien ne l’arrête, Madeleine. Elle ne recule devant rien, ni devant les « quand dira-t-on » des bien-pensants, ni devant l’incrédulité de tant de contemporains de Jésus, ni devant l’insécurité et la souffrance de la Passion, alors que tous se sont enfuis, ni devant l’obscurité du chemin qui mène au tombeau. Marie connaît des gestes fous et l’étonnante prodigalité de l’amour. Elle ose approcher le Maître, le toucher, lui saisir les pieds, les baigner de ses larmes et les essuyer de ses cheveux dénoués, les couvrir de baisers et les oindre d’un parfum au prix aussi démesuré que son geste.
(...)
Dans le cortège des saints, il y a plus de fous - ces « fols en Dieu » comme les appelle la tradition spirituelle de l’Orient chrétien - que de gens sagement alignés. C’est là un des aspects les plus déconcertants de la sainteté ! Pensez à François d’Assise distribuant aux pauvres toute la fortune paternelle et se présentant nu devant l’évêque d’Assise pour pouvoir désormais dire en toute vérité : « Notre Père... » À saint Dominique décidant de disperser ses premiers frères, alors que l’Ordre pouvait paraître encore si fragile. À Catherine de Sienne exhortant le Pape, avec quelle tendresse et quelle fougue !, à quitter Avignon et à regagner le Siège de Rome. À Don Bosco, que certains confrères de Turin auraient voulu faire enfermer. À Charles de Foucauld, vivant à Nazareth dans une cabane de jardinier. À Mère Térésa dans un mouroir de Calcutta... Notre monde repu et enlisé, notre Église qui tourne parfois en rond autour de ses problèmes internes et où l’on perd souvent son temps dans des discours inutiles, ont tant besoin de témoins de cette sainte folie de l’Évangile. Si sainte Marie-Madeleine pouvait nous donner l’audace de l’annonce, le courage des gestes toujours un peu fous de la miséricorde gratuite, inventive et prévenante !
(...)
4. Une sainte
J’aime Marie-Madeleine parce qu’elle est la compagne et la complice des saints. Il n’y a pas que la sordide solidarité du mal et dans le mal. Pensez à tous ces liens de misère qui enchaînent parfois des groupes et lient les hommes les uns aux autres ; les scandales finissent souvent par éclabousser bien des gens...
Il existe aussi une solidarité du bien et dans le bien. Marie-Madeleine est une femme qui fascine car le témoignage de sa vie résonne comme un puissant appel, comme une provocation à la sainteté. Je ne m’étonne pas qu’elle ait eu, de tout temps, tant d’amis, non seulement parmi les pécheurs, mais aussi parmi des gens en quête de Dieu et de sainteté.
(...)
5. Une femme enveloppée de mystère
J’aime enfin Marie-Madeleine - et c’est peut-être la seule vraie raison d’un amour qui au fond demeure inexplicable -, parce qu’elle reste enveloppée de mystère. Qui est-elle au juste, cette femme ? Est-elle bien venue chez nous ou ne sommes-nous pas plutôt allés à elle ? Personnage déconcertant et fascinant, Marie de Magdala n’en finit jamais de nous interroger et de plonger nos vies dans le mystère même de Jésus, le Fils de Dieu fait homme. Lui aussi on croit le connaître, et pourtant, comme elle, il reste sans cesse à découvrir.
La seule chose dont je suis sûr c’est, pour reprendre le mot du P. Étienne Vayssière, que Marie-Madeleine est bien ici. Elle est dans notre Fenestrado Basilico à la gloire dédiée. Elle est au cœur de l’histoire de Saint-Maximin et de la Sainte-Baume comme elle est au cœur de nos vies. Qu’elle y enracine la foi. Qu’elle y fasse fleurir un feu de son amour !
Je voudrais vous citer, pour (au moins) finir en beauté, les derniers mots du P. Lacordaire dans son admirable petit livre sur sainte Marie-Madeleine. Ce fut sa dernière œuvre, écrite en 1860, sur son lit de mort, et il est significatif qu’il l’ait dédié à Marie-Madeleine, cette femme que lui aussi aimait tant.
Le P. Lacordaire conclut : « Oh ! qui que vous soyez... si jamais vous avez connu les larmes du repentir, ou celles de l’amour, ne refusez pas à Marie-Madeleine qui a tant pleuré et tant aimé, une goutte de ce parfum dont elle embauma les pieds de votre Sauveur. »
J’espère, mes amis, vous avoir offert un peu de cette fragrance d’amour pour Marie-Madeleine dont mon cœur est comblé.
"Marie-Madeleine, les raisons d’un amour" : texte entier ici
13:46 Lien permanent | Envoyer cette note
Ma maison

12:23 Lien permanent | Envoyer cette note
Vincent
"Aimer tel ami, telle personne, telle chose, ce que tu voudras, tu seras dans le bon chemin pour en savoir plus long après, voilà ce que je me dis. Mais il faut aimer d'une haute et d'une sérieuse sympathie intime, avec volonté, avec intelligence, et il faut toujours tâcher d'en savoir plus long, mieux et davantage. Cela mène à Dieu, cela mène à la foi inébranlable.
Quelqu'un, pour citer un exemple, aimera Rembrandt, mais sérieusement, il saura bien qu'il y a un Dieu, celui-là, il y croira bien.
Quelqu'un approfondira l'histoire de la Révolution française - il ne sera pas incrédule, il verra que dans les grandes choses aussi il y a une puissance souveraine, qui se manifeste.
Quelqu'un aurait assisté pour un peu de temps seulement au cours gratuit de la grande université de la misère, et aurait fait attention aux choses qu'il voit de ses yeux, et qu'il entend de ses oreilles, et aurait réfléchi là-dessus, il finira aussi par croire et il en apprendrait peut-être plus long qu'il ne saurait dire."
Vincent Van Gogh, Lettres à son frère Théo, juillet 1880
02:18 Lien permanent | Envoyer cette note
23.02.2009
dans les yeux
"Le sacrifice seul peut regarder dans les yeux la torture, et le Dieu du Christ ne serait pas Dieu sans la crucifixion."
André Malraux, Lazare, cité par Claude Dagens dans Aujourd'hui l'Évangile
17:39 Lien permanent | Envoyer cette note
Désert et silence
Au commencement tais le verbe, et le verbe tait Dieu.
Faire silence pour accueillir la parole par où entrer dans le silence de l’amour.
11:12 Lien permanent | Envoyer cette note
Je suis...
Je suis l’amour de Dieu
La flamme née
De son cœur torturé par les hommes
Je suis la coupe immense et minuscule
Où je demeure au fond de l’œil.
À la surface glissent les reflets d’or
Du vin de larmes, où bouge
Votre âme, et qui vous brûlent.
10:24 Lien permanent | Envoyer cette note
22.02.2009
Pour en finir avec le jugement de "dieu"
Morts-vivants,
Envoyés déchus d’un simulacre d’être,
Pauvres diables qui se cauchemardent à leur propre porte
Morts, mauvais fantômes implorants,
Parole coupée d’avoir par trop menti.
Pauvre femme que je suis,
Qui hésite entre la compassion et le rejet
Quand ils frappent à ma porte de leurs pauvres poings pourris.
Oh, leurs vagissements de débandade
Quand finalement je les renvoie
À eux.
Oh, leurs tentatives désespérées de se dire sauvés !
Que me demandez-vous ? Ne savez-vous donc pas
Qu’il suffit pour l’être de se tourner vers Dieu,
Vraiment ?
Ou bien est-il trop tard ?
Ecoutez-moi, écoute-moi : même les hyènes
Ont le droit de se coucher dans la rivière
Pour y mourir et en renaître,
Oiseaux qui peuvent entendre ma langue.
Allez ! Que la vérité repousse sur ton corps décomposé,
Que la chair te revienne, que ton cœur, que ta gorge, que ton crâne
Soient capables d’émettre une parole simple !
Alors tu n’auras plus besoin de ce cirque sinistre,
De ces marionnettes que tu perds avec toi,
Alors tu n’auras plus besoin d’idoles,
Ni de l’idole que tu es pour toi-même,
Ni des idoles que sont pour toi les créateurs,
Ni de celles que sont pour toi les hommes
Qui sont des hommes vivants, fausses idoles que tu fabriques
Pour te proclamer dieu et vouloir les détruire,
Ni de celle que tes démons voudraient faire de moi,
Et que je ne suis pas ni ne serai jamais,
Femme vivante, fidèle épouse que je suis, de Dieu
Et de qui par Lui connaît mon cœur réel.
17:58 Lien permanent | Envoyer cette note
Ce que je voyais dans ma première vie
...
Je vois qu'un jour je mourrai jeune.
...
je vois l'aube prochaine
...
j'ai encore
longtemps à vivre.
...
Prions pour nous pauvres humains...
Autopsie, long poème en prose publié en librairie et en ligne par Inventaire/Invention, éditeur dont l'aventure a pris fin ces jours derniers, mais qui reste en ligne ici.
Autopsie peut être lu ici et entendu ici, ainsi que d'autres textes d'autres auteurs.
15:06 Lien permanent | Envoyer cette note
Merci
Je suis avec Toi, tout le temps.
Entièrement à ton écoute.
Te suivant.
Tout proche, oh, si proche !
Je ne suis qu’un frémissement
De joie mêlée d’inquiétude, un peu,
Car je veux t’obéir au mieux,
Même quand c’est dans le noir.
Je ne veux pas de repos,
Merci pour l’immense repos, mon Dieu,
Mais je veux demeurer en alerte
Pour te servir, dire ce que tu veux,
Dire, montrer ce que je vois, le pas
Que tu fais en ce moment vers nous,
Traduire en mots l’annonce que tu nous fais
De Toi, qui viens, oh ! j’en meurs,
Mon Seigneur, je meurs d’amour pour toi,
Si proche, si doux, si puissant
Et délicat, pourquoi me fais-tu cette grâce ?
Par amour, par pur amour de nous,
Les hommes, par pur amour
Pour tes fils et tes filles, à qui je dois
Dire et redire leur beauté
En même temps que la tienne,
À qui je dois demander
D’apprêter leur âme au désir
De sainteté, de se tourner
Vers la source et d’aller s’y laver, pour le jour
Qui vient de la grande rencontre,
Pour le moment qui vient
De nous unir en toi, par toi et avec toi.
10:24 Lien permanent | Envoyer cette note
21.02.2009
La Vie, vue par Jean-Elie
C'est en voyant cette lampe, trônant seule dans les cavernes en beton de nos chantiers, que m'est venue cette saisie soudaine de l'abyme impérial existant entre l'oeuvre de l'homme et l'Oeuvre de Dieu...
C'est bien l'Oeuvre de Dieu qui nous fait vivre, on en a besoin comme du pain. L'oeuvre de l'homme, si elle ne fait référence à celle de son créateur, n'est que mort, étendue funeste de peurs et de désolation... La Vie est bien de nature Divine comme nous le rapelle le Christ, "Je suis La VIE"....
18:57 Lien permanent | Envoyer cette note
Petite prière au coeur battant
Mon cœur, mon christ,
Ma croix au creux de ma poitrine,
Mon cœur battant, brûlant, cognant
Dans sa cage de nuit, mon cœur
Tout palpitant
Autour de ta lumière,
Ton sang, mon Dieu,
Doux, salé, pulsé dans mes veines,
Mes longs chemins de terre,
Irrigués par ta vie, ton sang,
Que travaille ce cœur,
Que tu entends,
Pousser tout autour de ta croix,
Mon christ, mon cœur,
Muscle profond, que creuse
L’amour trois fois donné, trois fois
Promis et redonné,
L’amour, mon âme,
Qui court à l’aube
Tes longs chemins de ciel
Où lui et moi, où toi et moi,
Amour, christ, cœur
De ma vie, mon homme, courant,
Nous croisons, embrassés.
10:15 Lien permanent | Envoyer cette note
20.02.2009
Le puits de Robert Empain
Voilà dix années que je filme ces micro phénomènes, que je nomme des grâces, qui se produisent autour de moi pour les donner à voir en divers lieux : murs d'églises ou de galeries d'art, le sol d'une forge, voilages divers, corps humains etc, À vrai dire ces grâces se manifestent partout et à chaque instant, mais distraits par les affaires du monde, nous ne pouvons les voir, les recevoir. Ces grâces filmées veulent nous rappeler que la vie est la première grâce divine de laquelle viennent toutes les autres. Celle ci montre la pluie qui tombe dans mon puits un jour de l'été 2008. Je vous invite à lire la petite introduction à mon travail d'artiste vidéaste que j'ai jointe à ma première vidéo hébergée ici, sur Croire, " Nuée à Ingrandes" et aussi à visiter mon blog : http://robertempain.blogspot.com/ où j'en dis un peu plus sur ces choses.
à suivre... Grâce Robert Empain
Cette vidéo est montrée à la galerire Twilight zone à Tournai jusqu'au 1 mars 2009
... grâces à suivre ici sur le vidéoblog du peintre Robert Empain
21:01 Lien permanent | Envoyer cette note
Psaume 27
L’écume en rugissant ourle l’abîme
Noir absolument et peuplé de chimères
Dentées sous la nuit couchée de tout
Son poids d’étoiles vives. Acides aiguilles,
Vous ouvrirez le jour, vous découdrez la peur,
Mais dites, serez-vous là encore, dans l’amour
Revenu, dans l’or soyeux des notes qui chantent
Juste le monde ? Seigneur, j’ai traversé les ténèbres
Avec toi. Sur ce chemin je t’ai suivi
Sans le vouloir, sans le savoir, fidèle
Comme ton animal. Au bout c’est la salle de bal
Ouverte pour nous seuls. Dans tes bras je danse,
Mourant de joie, ah ! de l’esprit de la danse
Tenue, tendue, d’un bout à l’autre de ton spectre,
Du bout des doigts tu me soulèves, je bondis,
Je jaillis, écume rugissante de la douleur enfin
Défigurée, dans la douleur que défigure
Le sillage de joie tout tintant de divine
Folie. Encore ! Encore ! Joue, *,
Qu’elle se torde et, torsadée, s’abolisse
Où ta musique l’envoie valser !
09:37 Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : littérature, christianisme
19.02.2009
message
"Plutôt que refaire l'histoire, je préfère l'imaginer arpenter un coin du monde, à la recherche d'un territoire inviolé, porté jusqu'à nous dans l'air que nous respirons ou à le creuser jusqu'à ce que vibre la terre sous nos pieds ; à cette même place où devrait être la littérature.
Enfin, j'ai la prétention de croire lui donner ce qu'il attendait de moi et ce qu'il souhaitait au fond car, malgré tout, l'ultime carnet dont est issu ce livre, si noir soit-il, porte entre les lignes un message d'espoir pour sa fille et toutes les générations à venir."
Franck Magloire, En contrebas
22:24 Lien permanent | Envoyer cette note
18.02.2009
Sa Croix
"... à Avon, le temps d’une respiration. Chez les Carmes dont le couvent est marqué d’histoire. Il fut celui du P. Jacques, révélé au grand public par le film de Louis Malle : Au revoir les enfants (1987), son chef-d’oeuvre, qui met en scène l’arrestation de trois enfants juifs dans ce couvent, alors collège des Carmes à Avon, ainsi que celle du P. Jacques, qui dirigeait le collège et fut déporté avec eux en janvier 1944. Ils moururent à Auschwitz le 6 février suivant. Le P. Jacques fut mené de camp en camp - plus disciplinaire ! -, jusqu’à Mathausen. Le 5 mai 1945, le camp est libéré par les américains, et le P. Jacques transféré à l’hôpital de Linz en Autriche, où il meurt quelques jours plus tard, le 2 juin.
Louis Malle fut témoin sous l’Occupation de cette tragédie, qui devait lui arracher cette confession longtemps après : ” Depuis, je n’ai jamais pu m’enlever de l’idée que nous étions tous, moi comme les autres, un peu coupables de leur mort. ” (Le Monde, 1987)"
P. Jacques Nieuviarts
"Je suis donc allée en septembre 2007 passer trois jours au carmel d’Avon. Par hasard encore, pour la fête de la Croix glorieuse, dont j’ai découvert l’existence à cette occasion (...) je ramenai d’une promenade dans la forêt de Fontainebleau, toute proche, cet autre dialogue – symbolique - avec Dieu :
J’ai eu la vision d’un cercle de duvet immaculé dans l’herbe brillante, au bord d’une eau verte où circulaient des cygnes.
- T’en souviens-tu, Aléa ?
- Oh, pourquoi m’en souvenir ? Faut-il que la douleur revienne toujours ?
- Il le faut, autant que nécessaire pour l’annuler. Tu comprends ?
- Non, je ne comprends pas, je vois seulement qu’elle me poursuit même après ma mort. Quand donc cela prendra-t-il fin ?
Silence.
- Qui fait silence ?
- Personne.
- Non, personne, rien ne se tait, tout crie et gémit sous la torture en moi.
- Oh, Aléa, perdue dans tes cauchemars, vas-tu encore mettre le feu aux draps ?
- Tu ris ? Si je rends le lit brûlant, c’est pour qu’il transforme nos larmes en nuées d’anges, qui nous transportent au ciel. Y a-t-il d’autre raison pour laquelle je pleure ?
- Ce matin-là, Aléa, l’air était doux et le soleil brillait. Une porte s’ouvrait dans le haut mur qui clôt le parc. Tu l’as franchie, seule et légère, si belle dans ton innocence que les démons, assoiffés de sang frais, l’ont franchie avec toi. Mais tu ne les a pas vus, toute à la beauté des grands arbres qui ondulaient sous le ciel, des ombres profondes de la forêt, du miroitement de l’eau au bout d’une allée.
- Tout se taisait, pour laisser bruisser le monde du chant des oiseaux.
- Il était tôt, il n’y avait nul autre humain, tu étais l’île dans l’île.
- Et bienheureuse en Toi, sans le savoir. Sans le savoir je t’aimais plus que tout, plus que moi-même. Et maintenant je me demande si mon bonheur a grandi ou diminué, depuis que j’ai conscience de Toi.
- Tu le demandes ?
- Non, je le sais. Ma joie est infiniment plus grande, mais ma douleur aussi, dont j’ai pris pleine connaissance en même temps.
- Après l’entrée, trois chemins se sont présentés à toi.
- L’un longeait le mur, l’autre s’enfonçait dans la forêt, le dernier descendait vers le miroitement de l’eau.
- C’est celui que tu as pris.
- C’est celui qui m’a portée.
- Tu es arrivée au bord du canal.
- Toutes les perspectives se sont déployées. Autour de la voie rectiligne de l’eau, les rives herbeuses bordées d’arbres, le tout, eau et verdure, déclinant maintes teintes de vert et coulant sans bouger dans un lavis de bleu très dilué. Oh, Dieu, nulle limite, nulle extrémité n’apparaissaient, comme si le tableau devait se poursuivre à jamais.
- J’étais en toi, mon âme.
- Oui, oui, et sans le savoir je n’en finissais pas de venir à ta rencontre, en suivant cette eau glauque et luisante, semée de nénuphars heureux, entre lesquels évoluaient de grands oiseaux pêcheurs. L’un sous mes yeux avala un vif poisson, qui disparut dans son long cou, tandis qu’un autre, m’émerveillait d’un trait d’indigo sur son aile.
- Puis tu es arrivée au cercle des anges.
- Un grand rond de duvet blanc dans l’herbe.
Silence.
- Pourquoi m’as-tu choisie, Dieu ? N’aurais-je pas moins souffert, à demeurer parmi les braillards inconscients ?
- Toujours la même question. Tu ne la poserais pas, si tu n’étais pas comme eux. Tu es pourtant si douée en amour.
- Avec Toi, comme avec les hommes.
- Tu veux dire, avec les hommes comme avec moi. Je suis ton premier amour, l’oublies-tu ? Si tu l’oublies, c’est que tu as mal oublié ton premier homme.
- Saül ?
- Réfléchis. Tu étais au bord de l’eau… accroupie dans le cercle des anges…
- Un cygne a glissé dans la lumière à ma rencontre, pendant que je cueillais dans l’herbe ses petites plumes duveteuses, immaculées, pour en faire un bouquet.
- Qu’as-tu senti ?
- Qu’il me voulait.
- Qu’as-tu fait ?
- Je suis partie, tout éblouie encore. J’ai quitté le canal, je suis entrée dans l’ombre claire de la forêt. Oh, non !
- Il le faut.
- Pourquoi ? Pourquoi veux-tu me torturer ?
- Je veux te libérer.
- De quoi vas-tu me libérer, en me replongeant dans le mal ?
- De ta faute.
- Quelle faute ? N’est-ce pas lui qui m’a tuée ?
- Qui, lui ?
- L’homme que j’ai rencontré dans la forêt.
- Il était beau ?
- Oh, si beau ! J’ai cru qu’il avait la beauté du ciel, mais c’était celle du diable.
- Il t’a adressé la parole ?
- Oui.
- Et qu’as-tu fait ?
- J’ai ri. J’ai ri de joie. Lui, m’avoir remarquée !
- Parmi la foule, dans la rue, tous les hommes te regardaient. Comment ne t’aurait-il pas vue, dans ce désert ?
- Tu veux dire qu’il m’a parlé seulement parce que je passais par là ? C’est faux ! Il m’a tout de suite aimée, j’en suis sûre !
- Et toi ?
- Moi aussi, je l’ai aimé. Je l’ai aimé à en mourir, tout de suite.
- Tu l’as dit.
- Quoi ?
- Rien. Que s’est-il passé, ensuite ?
- Ah, j’ai oublié de dire ce qui s’est passé, avant. Je m’étais perdue. J’avais pensé rejoindre la porte d’entrée par la forêt, mais soudain j’ai compris que j’étais perdue. Je m’étais arrêtée pour ramasser d’autres plumes, des gris perle cette fois. En relevant la tête, j’ai vu que je ne savais plus où j’étais. J’ai continué d’avancer dans le sentier, et j’ai aperçu un bout du mur. J’ai marché dans sa direction, en coupant à travers bois sans le quitter des yeux, et j’ai fini par l’atteindre. Seulement, c’était le mur, rien que le mur. Dont on ne voyait ni les extrémités, ni la moindre ouverture. J’ai commencé à le longer dans un sens. Les oiseaux s’étaient tus, tout était extraordinairement silencieux, j’étais presque effrayée par le bruit de chacun de mes pas. C’était un mur très haut, je marchais entre la forêt et lui, qui empêchaient la lumière de passer. Dans cette ombre il faisait froid, mais mon corps était chaud, et je n’en souffrais pas. Ne voyant rien changer, je me suis arrêtée et je suis repartie dans l’autre sens. C’est là que je l’ai croisé. Mais peut-être me suivait-il depuis longtemps.
- Et tu ne t’en étais pas aperçue ?
- Non.
- Pourquoi ?
- Pour ne pas avoir à regarder en face ma mort qui venait.
- Pourtant tu as fini par te retourner.
- Parce que je voulais trouver la porte. Mieux vaut aller à la rencontre de sa mort en cherchant une porte, plutôt que de suivre éternellement un mur, par crainte et renoncement.
- Tu savais donc ce que tu faisais.
- Ou bien c’était Toi, en moi, qui savais ce que Tu me faisais faire.
- Tu t’es couchée dans l’herbe avec lui.
- Il m’embrassait, il me disait des mots doux, il était si merveilleux.
- Protecteur.
- Oui, et fragile.
- Il était ton père et ton bébé.
- Je n’avais ni père ni bébé, il me faisait du bien.
- Pas d’amoureux non plus ?
- Si, un camarade d’école. Qui ne savait pas tous ces mots, tu comprends ?
- Les mots de la mort.
- On aurait dit des mots d’amour.
- Tu as caressé son corps.
- Oui, je voulais sentir son sexe en moi.
- Et que s’est-il passé ?
- Je ne sais pas, ça n’a pas marché. Alors il a commencé à rire, il m’a donné une gifle. J’ai réussi à me dégager, je suis partie en courant. Il m’a rattrapée, il m’a prise dans ses bras, il pleurait, il demandait pardon. J’ai senti que son sexe était dur maintenant contre ma cuisse. J’ai pensé que maintenant tout irait bien, je me suis laissée faire.
- Et toi, tu n’as rien fait ?
- Si, j’ai fait beaucoup, j’ai fait de mon mieux. Je voulais le mieux, mais j’ai mal fait. Je croyais que nous étions parmi les anges, je croyais voir un cercle blanc de duvet d’anges autour de nous, je croyais qu’ils suffiraient à chasser les démons. Mais j’étais nue, et lui il était toujours habillé, très habillé, c’est pour ça que nos caresses ont échoué. Oh, mon Dieu, nous n’étions que deux pantins désarticulés. Les coups, les caresses puis les coups, et encore les caresses et de nouveau les coups ! Je pleurais, ma tête tournait, je le frappais à mon tour ou je le suppliais… mais ça ne servait à rien, rien ne servait à rien !
- Ton visage et ton corps n’étaient plus qu’hématomes.
- Oui, mon sang…. à l’intérieur… que se passait-il avec mon sang ?
- Tu t’es évanouie.
- Voilà. Ensuite, je ne sais plus.
- Si, tu sais.
- Comment pourrais-je le savoir ? J’étais comme morte.
- Dis-moi ce qui s’est passé ensuite.
- Il y avait un autre homme.
- Où ?
- Le long du mur. J’ai entendu les pas, les voix. Ils étaient peut-être deux, même, ou trois. Il y avait des hommes, des complices. Ils se sont arrêtés de marcher.
- T’ont-ils porté secours ?
- Ils sont venus vers moi. Vers mon corps nu par terre supplicié, et vers celui de mon bourreau.
- S’en sont-ils pris à lui ?
- Je les ai entendus chuchoter.
- Que disaient-ils ?
- Ils riaient. J’ai entendu le bruit des ceintures qu’ils défaisaient. Ils se sont couchés sur moi l’un après l’autre. Le dernier s’est soucié de mettre un préservatif, j’ai entendu le petit claquement du caoutchouc quand il l’a déplié. Pitié, Seigneur ! Pitié, pitié, pitié ! Aie pitié de moi !
- Tu es ma bien-aimée. Tu n’as pas à me demander pitié.
- Oh, si ! J’aurais dû mourir avant ! Voilà ma faute !
- Ne dis pas de bêtises. Dis ce qui s’est passé ensuite.
- Ensuite, je crois qu’il a été bon.
- Qui ?
- L’homme que j’ai rencontré dans la forêt.
- Comment a-t-il été bon ?
- Je ne sais pas. Pardonne-lui, mon Dieu ! Il a voulu m’aimer.
- Et les autres ?
- Pardonne-leur aussi, parce qu’ils ont fait ça par amour de lui, qui se démenait tant pour leur cacher leur faiblesse. Sa faiblesse était la leur, sa violence la dévoilait alors ils ont préféré fermer les yeux et entrer dans son jeu pour la dissimuler de nouveau. Ne te font-ils pas ça tous les jours ? Ils étaient comme des hommes que le sanctuaire terrifie et affole, tant ils en ont un désir désespéré.
- Tu crois ça ?
- Oui, je crois.
- Que leurs fautes prennent feu, toutes les tiennes sont anéanties.
- Je t’aime, Seigneur, tu es en moi.
- Oui.
- Je suis morte et tu m’as redressée. J’étais là, couchée seule dans la forêt, sans vie. Et soudain, quelque chose m’a réveillée.
- Quoi ?
- L’arbre qui poussait en moi.
- Quel arbre ?
- Ta Croix. Elle a poussé, elle s’est déployée en moi. Ça faisait mal, ça fait mal. Mais aussi, c’était si brûlant et si doux !
- Qu’est-ce qui était bon ? La douleur ?
- Non, pas la douleur, pas du tout. La douleur me révoltait. Je commençais à Te voir, et c’est à Toi que je voulais être, pas à la douleur.
- Pouvais-tu la chasser ?
- Non. Mais je pouvais l’empêcher de nuire. Pendant que la Croix, en poussant en moi, me déchirait les chairs, je regardais la frondaison des arbres au-dessus de ma tête, et le ciel qui jouait dans les feuillages, où les oiseaux commençaient à revenir. De toute mon âme je contemplais Ta beauté, et plus la Croix m’ouvrait, plus Ta beauté me pénétrait. C’était tellement inouï de T’accueillir en moi ! C’est pourquoi j’ai accepté de souffrir, pour que Tu viennes et me combles toujours plus ! Et plus Tu venais en moi, plus Tu effaçais la douleur que me causait ta Croix.
- Tu étais, tu es, et tu seras si douce à habiter, ma bien-aimée !
- Oh, Dieu, tu me fais mourir de joie !
- Oui, meurs, meurs encore, viens ! Je te rendrai la vie chaque fois que tu mourras en moi, pour moi, par moi !
- Pourquoi ai-je tant de chance ?
- Tu le demandes ?
- Non. Je ne demande rien. Tu es en moi, tout est parfait. Ta croix m’a relevée, par elle dressée en moi je tiens debout, ouverte à toutes les dimensions humaines et aux quatre directions de l’infini divin.
- Continue à m’être bien obéissante, mon âme. Écoute mon cœur dans ton cœur, et tu ne pourras pas te tromper. Que ta vie soit de celles qui annoncent ma venue, toute proche.
- N’es-tu pas déjà là, Tout-Puissant ?
- Demande-le aux hommes. Quand chacun d’entre eux dira oui…
- Les morts renaîtront et ceux qui s’aiment seront réunis. O ma très longue douceur, que le ciel s’ouvre !
in Lumière dans le temps
13:12 Lien permanent | Envoyer cette note
17.02.2009
pur feu flambant

« par la Croix vers la lumière, il n’y a pas de rédemption sans effusion de sang, qui fait la vérité vient à la lumière »
Je suis allée dans son couvent sans savoir... voir ici
11:42 Lien permanent | Envoyer cette note
Prière sans prière
08:53 Lien permanent | Envoyer cette note
16.02.2009
Prière de tout instant
11:13 Lien permanent | Envoyer cette note
Prier au carmel
10:18 Lien permanent | Envoyer cette note
De la démarche écologique à la marche de la Lumière dans le temps
... "Il y a au fond de la démarche écologique une radicalité subversive dont il ne faut pas avoir peur. Il faut au contraire l’explorer, oser la penser, l’accueillir pour la connaître. Le système actuel, capitaliste et néolibéral, le sait ou le pressent, d’où, probablement, sa résistance obscure et farouche. Nous avons tendance à mépriser ce système, le considérer comme crétin car cette démarche, si elle était bien comprise et accomplie, devrait nous conduire au sens et à la joie, évidemment pas celle consistant à accumuler des biens ou du pouvoir sur autrui.
Autre chose. Eugène, tu as écrit dans un commentaire récent : « Tout est relatif. » Personne n’a réagi. Cette formule m’a fait tiquer par son imprécision et ses éventuels sous-entendus. Si tous les objets, structures, phénomènes sont interdépendants, tout n’est pas relatif sinon nous serions dans une immense confusion et nous ne pourrions pas faire un seul mouvement sensé. A proprement parler, il faut écrire : Tout objet est relatif à un observateur donné. On peut aussi écrire que le monde est relatif à tout observateur donné. Reste encore une fois qu’avec cette formule la question du monde et celle de l’observateur ne sont pas résolues, mais seraient mieux posées.
Par ailleurs, nous savons que la physique quantique a pulvérisé les idées classiques sur la matière et même celles de particule élémentaire et d’objet isolé, rejoignant des intuitions, une connaissance métaphysique antique du « vide », connaissance qui, à mes yeux, semble venir, comme une lumière, de la nuit des temps.
Tu as écrit aussi qu’il n’y a pas de vérité, que « la Vérité, ce n'est qu'une preuve par mot comme dans la multiplication la preuve est par 9, bref ce n'est que la valeur attribuée à une théorie. » Ainsi, hormis des vérités relatives, la vérité n’existerait pas. Bien sûr, tu ne le sais pas. Je suppose que tu penses peut-être que la vérité n’existe pas, ou que tu n’arrives pas à croire qu’elle puisse exister vu les horreurs, les absurdités, les mensonges que tu constates chaque jour dans le monde, ou que tu ne parviens pas à concevoir comment elle pourrait exister. Si tu étais fondé à dire, en le sachant, qu’il n’y a pas de vérité, tu détiendrais alors la vérité. Et la vérité serait, néanmoins... La difficulté pour la concevoir vient peut-être de ce que, si la vérité est, elle ne peut pas être figée, elle est donc d’instant en instant, et même hors du temps. Ceci dit entre nous dans, je l’espère, nos intérêts particuliers et surtout l’intérêt général.
Oserai-je ajouter ici - je ne pense pas que ce soit hors sujet et au contraire très opportun vu la lourdeur et les risques des temps actuels - que je viens de découvrir un petit livre d'une audace incroyable : "Lumière dans le temps" d'Alina Reyes qui est une écrivaine de talent de livres à caractère érotique qui est devenue une mystique, une mystique chrétienne et même catholique, sans nullement renier son corps, au contraire. Elle fait la relation avec une précision, une générosité et un don de soi inoui, de ce qui lui est arrivé qui la comble et qu'elle veut partager. Son écriture a la force de l'évidence. Pour ma part, je n'en reviens pas, je la reconnais et la salue..."
Merci, Jean, pour ce commentaire, et merci au site eco-echos, qui l'accueille : à visiter ici
00:01 Lien permanent | Envoyer cette note
15.02.2009
Eppur, trouvable
... "Hegel est aussi, peut-être, l'aboutissement retourné du platonisme, la réconciliation introuvable de Parménide et d'Héraclite, par la médiation de deux figures centrales : celle de la tragédie grecque – Œdipe et Antigone, notamment – et celle du Christ. Lorsque Haym peine à considérer la communion comme autre chose qu'une «simple équivalence» de la chair et du sang du Christ (in op. cit., p. 124), Rosenkranz saisit qu'il s'agit d'une réalité. Cette réalité qui manque au prêtre des Communiants de Bergman, Hegel la recrée dialectiquement et en tire des conséquences inattendues, d'une ampleur dont on n'a pas encore tiré toutes les conséquences."
...
Francis Moury, ici, sur Stalker
15:15 Lien permanent | Envoyer cette note
14.02.2009
Là la question
Etre ou ne pas être, c’est là la question.
Y a-t-il plus de noblesse d’âme à subir la fronde et les flèches de la fortune outrageante, ou bien à s’armer contre une mer de douleurs et à l’arrêter par une révolte ? Mourir... dormir, rien de plus ; ... et dire que par ce sommeil nous mettons fin aux maux du coeur et aux mille tortures naturelles qui sont le legs de la chair : c’est là un dénouement qu’on doit souhaiter avec ferveur.
Mourir... dormir ! dormir, peut-être rêver ! Oui, là est l’embarras. Car quels rêves peut-il nous venir dans ce sommeil de la mort, quand nous sommes débarrassés de l’étreinte de cette vie ? Voilà qui doit nous arrêter. C’est cette réflexion-là qui nous vaut la calamité d’une si longue existence.
Qui, en effet, voudrait supporter les flagellations et les dédains du monde, l’injure de l’oppresseur, l’humiliation de la pauvreté, les angoisses de l’amour méprisé, les lenteurs de la loi, l’insolence du pouvoir, les rebuffades que le mérite résigné reçoit d’hommes indignes, s’il pouvait en être quitte avec un simple poinçon ?
Qui voudrait porter ces fardeaux, grogner et suer sous une vie accablante, si la crainte de quelque chose après la mort, cette région inexplorée d’où nul voyageur ne revient, ne troublait notre dessein, nous faisant préférer les maux que nous avons à d'autres obscurs. Ainsi la réflexion fait de nous des lâches, les natives couleurs de la décision s'affaiblissent dans l'ombre de la pensée, et des projets d'une haute volée sur cette idée se brisent et viennent perdre leur nom même d'action... Mais taisons-nous, voici la belle Ophélie... Nymphe, dans tes prières, souviens-toi de tous mes péchés.
18:44 Lien permanent | Envoyer cette note
To be or not to be
18:19 Lien permanent | Envoyer cette note
Prière de ce matin
08:32 Lien permanent | Envoyer cette note
13.02.2009
Prendre le temps, toujours. Ecce sponsus venit
"Il nous faut maintenant, afin d'aider le lecteur, donner de chacun des livres, et par conséquent de chacune des vies, une description succincte, qui sera comme un fil conducteur à travers les méandres parfois sinueux où se meut notre mystique. Nous nous reporterons en passant aux autres ouvrages de Ruysbroeck, afin de noter le parallélisme dans le développement de la doctrine.
En tête des Noces spirituelles se lit un Prologue dans lequel l'auteur esquisse à grands traits l'histoire de la création, de la chute et de la rédemption. Par le fait de cette dernière, le Verbe incarné s'est constitué l'Époux de la nature humaine, et celle-ci est son Épouse. L'un vient au-devant de l'autre et il s'agit de préparer la rencontre, afin d'en profiter pour la vie éternelle. Ce que nous trouvons ici en raccourci a fait l'objet d'un développement plus considérable au Royaume des Amants de Dieu, dans le Prologue et les douze premiers chapitres.
1° La vie active ou extérieure a un point de départ, elle se développe et elle a un terme.
Le point de départ c'est la conversion, la justification du pécheur et, par l'infusion de la grâce sanctifiante, son introduction dans la vie de la grâce. Ruysbroeck en voit l'expression dans le mot : Ecce, Voyez, et il dit au chapitre 1er des Noces spirituelles ce qui est nécessaire pour voir dans la vie active.
Trois conditions sont pour cela requises : la lumière de la grâce, l'action de la volonté libre qui se tourne vers Dieu, une conscience qui se purifie de tout péché mortel. La théorie de la grâce est d'une admirable netteté théologique et elle avait été déjà ébauchée par l'auteur au chapitre XIII du Royaume.
Le développement de la vie active comprend deux parties : ce que nous devons voir : Sponsus venit, l'Époux vient, et c'est ce que l'Époux fait pour l'Épouse ; puis ce que nous devons faire, exite, sortez, ce que l'Épouse doit offrir à son Époux, c'est-à-dire la pratique des vertus à l'exemple du Christ lui-même.
La première partie (chap. II-X) décrit la triple venue du Seigneur, en l'Incarnation d'abord, puis quotidiennement dans l'âme juste, enfin au jour du jugement.
La seconde partie (chap. XI-XXIII) embrasse tout l'ensemble des vertus que l'on doit pratiquer pour répondre aux avances de l'Époux. Ce sont surtout les vertus morales opposées aux sept péchés capitaux, vertus que Ruysbroeck, au Royaume des Amants de Dieu, avait groupées autour des dons de crainte, de piété et de science.
Au terme de cette énumération de vertus, l'auteur résume le chemin parcouru en traitant du royaume de l'âme (chap. XXIV), et il conclut en disant que l'homme opère ainsi, par amour et par vertu, sa sortie pour aller vers Dieu, vers soi-même et son prochain.
L'on atteint alors le but de la vie active, qui est une première rencontre du Seigneur : obviam ei, à sa rencontre. L'auteur note les différentes manières dont se fait cette rencontre et il montre comment la vie active connaît déjà une union avec Dieu qui se fait par la foi, l'espérance et la charité (chap.XXV). Enfin le point culminant de ce premier stade de vie surnaturelle est marqué par le désir de connaître l'Époux en lui-même (chap. XXVI).
2° La vie affective ou intérieure fait la matière du IIè livre des Noces spirituelles, qui est de beaucoup le plus considérable du traité. Elle est caractérisée par une application aux choses de l'intérieur et elle a pour terme une rencontre nouvelle et plus intime du Christ, pour une union de jouissance avec la divinité. Tel est le résumé qu'en donne l'auteur dans un court prologue, où il reprend la même formule qu'au livre précédent : Voyez, l'Époux vient, sortez à sa rencontre, mais en l'appliquant à la vie intérieure.
À cette vie il faut une préparation et l'on nous dit comment l'on voit d'une manière surnaturelle (ch. I) et quelles sont les conditions requises, pour passer d'une vie active à une vie affective ou intérieure infusion d'une grâce plus élevée, retour de la volonté unissant les puissances, affranchissement d'images (chap. II-IV), toutes choses qui au livre du Royaume des Amants de Dieu sont groupées autour du don de force (chap. XX et XXI).
L'âme une fois préparée peut contempler les diverses venues de son Époux : Sponsus venit, l'Époux vient, et de trois façons (chap. V-VII). Tout le développement de la vie intérieure tient dans cette triple venue, dont Ruysbroeck analyse tout au long le sens et les effets.
La première venue comprend elle-même différents modes ou degrés, selon lesquels Dieu purifie et attire à lui les puissances inférieures de l'homme. La comparaison du soleil et de son influence sur la nature, aux diverses saisons de l'année, est employée par notre auteur pour expliquer comment le Christ embrase le cœur et y fait naître l'unité, le recueillement, l'amour ressenti, la dévotion affective, l'action de grâces et la louange (chap. VIII-XVI).
Puis le soleil divin, acquérant plus de force, attire à lui l'humidité de la terre et la fait retomber en rosée de consolations, d'où naissent dans le cœur la joie intérieure et l'ivresse spirituelle (chap. XVII-XIX). En ces états il y a cependant des dangers à éviter et l'exemple des abeilles dit comment il faut s'y comporter (chap. XX-XXI).
À un troisième degré le soleil a désormais acquis toute sa force et il fait arriver les fruits à pleine maturité. Le Christ attire à lui le cœur, l'affection et toutes les puissances sensibles, afin de se les unir, et il y fait naître la blessure d'amour, les langueurs, le désir de la mort ; puis ce sont l'extase, les visions, les paroles, les ravissements, la jubilation, les songes (chap. XXII-XXIV), toutes choses où il faut néanmoins se prémunir contre l'excès ou les illusions, en s'abandonnant à la volonté divine (chap. XXV-XXVII).
Enfin le soleil est sur son déclin et le Christ semble abandonner l'âme. Aussi a-t-elle besoin en cet état qui caractérise le quatrième degré, d'être soutenue par de sages conseils (chap. XXVIII-XXXII).
Ruysbroeck termine la description de cette première venue du Christ en montrant combien le Seigneur a réalisé lui-même d'une façon éminente les divers degrés qui se rapportent à la première venue et il conclut en marquant le passage à la seconde venue (chap. XXXIII-XXXIV).
Au lieu que jusqu'ici il s'agissait seulement de purification passive des puissances inférieures de l'homme et de l'élévation de ces puissances jusqu'à Dieu, la seconde venue a trait à l'illumination des puissances supérieures, mémoire, intelligence, volonté (chap. XXXV). La mémoire reçoit une lumière de pure simplicité, sans distinction (chap. XXXVI) l'intelligence, une clarté spirituelle distincte, qui l'aide à contempler les attributs divins et à admirer la manière dont Dieu se donne universellement (chap. XXXVII-XXXVIII) ; la volonté est affermie dans un amour silencieux, d'où doit naître un amour commun à tous (chap. XXXIX).
Puis l'homme ainsi éclairé doit opérer sa sortie de quatre manières. C'est l’exite, sortez, de la parabole évangélique, et pour y répondre d'une façon conforme à la vie intérieure, il faut se répandre avec un amour enflammé dans le vaste champ de Dieu et de tout ce que Dieu aime (chap. XL-XLIV). La même doctrine se retrouve au Royaume des Amants de Dieu, à propos du second degré du don de force (chap. XXII-XXIV), et dans les Sept clôtures (chap. IV). Si les faux mystiques ne connaissent qu'une contrefaçon de cet amour commun (chap. XLV), l'on trouve au contraire dans le Christ l'exemple souverain de cette disposition à se donner universellement à tous (chap. XLVI-XLVIII).
C'est maintenant l'heure de la troisième venue du Christ ; elle consiste dans une touche divine qui se fait sentir au plus profond de l'esprit, en l'essence même de l'âme où Dieu habite (chap. XLIV-LI). Les effets de cette touche se manifestent en l'intelligence qui veut connaître Dieu dans sa clarté (chap. LII) et dans la volonté qui jouit sans intermédiaire. De là une sortie nouvelle de l'âme, qui est saisie d'une faim insatiable (chap. LIII), qui lutte d'amour avec Dieu (chap. LIV) et enfin se répand en œuvres fécondes (chap. LV). Le Royaume consacre à la touche divine le premier degré du don de conseil (chap. XXV-XXVI).
Mais voici que nous parvenons au but de toute la vie intérieure, à l'union et à la rencontre mystérieuse avec Dieu : obviam ei, au-devant de lui. Ruysbroeck, pour en donner l'intelligence, rappelle comment cette rencontre de Dieu se fait dans les divers degrés de la vie spirituelle (chap. LVI). Il y a d'abord une rencontre de l'ordre purement naturel (chap. LVII) puis une rencontre ou union active, qui se fait par l'intermédiaire des vertus et donne la ressemblance avec Dieu (chap. LVIII) ; enfin une rencontre ou union essentielle, sans intermédiaire, par laquelle nous portons l'image de Dieu en nous et qui est perçue dans l'union fruitive avec Dieu (chap. LIX). C'est à expliquer cette sublime union que Ruysbroeck consacre les chapitres suivants, montrant comment Dieu vient vers nous et comment nous allons vers lui (chap. LX-LXII) ; puis il fait entrer en scène tous les dons du Saint-Esprit, dont il expose l'influence en rapport avec la vie intérieure (chap. LXIII-LXIX).
Il met en garde contre les faux mystiques et il arrive enfin au point culminant du second stade de la vie spirituelle. La rencontre s'est opérée « et la clarté essentielle, qui nous enveloppe d'un amour immense, nous fait nous perdre nous-mêmes et nous écouler dans la ténèbre inexplorée de la divinité. » (chap. LXX).
Dès lors c'est la vie la plus intime, qui peut s'exercer de trois manières : par un retour intérieur ou regard simple vers la lumière divine qui « se montre ténèbre, nudité et rien : » c'est l'union de repos sans intermédiaire ; - ou bien par un retour affectif et actif, en lequel on brûle d'offrir à Dieu honneur et vénération selon qu'il en est digne : et c'est la cause d'une faim insatiable d'amour ; - ou bien enfin par l'union du repos et de l'action qui se compénètrent ; et c'est la vie intérieure selon la justice : (chap. LXXI-LXXIII). Tout ceci correspond au deuxième degré du don de conseil (Royaume des Amants de Dieu, chap. XXIX-XXX) et au chap. XIV du livre des Sept degrés d'amour.
Les derniers chapitres du 11è livre des Noces spirituelles démasquent à nouveau le repos mensonger des faux mystiques et lui opposent le repos véritable qui est celui du Christ et de tous les saints (chap. LXXV-LXXVII). « Demeurer à jamais à l'intérieur et s'écouler toujours vers l'extérieur, pour rentrer sans cesse à nouveau, c'est là, conclut l'auteur, posséder une vraie vie intérieure dans toute sa perfection. » Or cette vie, il nous en a avertis dès le prologue, beaucoup peuvent l'atteindre, grâce à la pratique des vertus et au zèle intérieur (17).
3° Il ne saurait en être de même pour la vie contemplative superessentielle, selon le mode divin, à laquelle, dit Ruysbroeck « il y a peu d'hommes à pouvoir parvenir, tant à cause de leur propre inhabileté, qu'en raison du mystère de la lumière où elle se fait. » Ici, comme précédemment, il y a une préparation : ce sont les trois conditions requises pour que l'on puisse voir dans la lumière divine, « contempler Dieu par Dieu même. » (chap. II).
Puis il y a la venue de l'Époux, qui, dans ce sublime degré de contemplation, n'est autre que la génération éternelle se manifestant à nouveau dans la partie la plus noble de l'esprit. (chap. III).
La sortie qui est réclamée de la part du contemplatif est tout à la fois de contemplation et de jouissance selon un mode divin. Elle met l'âme, par le Fils, en possession du sein du Père. « C'est le mode qui dépasse tous les autres et selon lequel on sort en une contemplation divine et en un regard qui ne cesse pas, tandis que l'on est transformé en la clarté divine et tout pénétré par elle. » (chap. V.)
Enfin a lieu la rencontre divine dans le secret le plus profond de l'esprit et elle se consomme en un embrassement amoureux, dans les liens imbrisables de l'Esprit-Saint.
Il semble bien qu'au Royaume des Amants de Dieu, Ruysbroeck donne au don d'intelligence et à celui de sagesse savoureuse une part prépondérante dans l'acte même de cette sublime contemplation. Mais aux Noces spirituelles toute la théorie des dons du Saint-Esprit appartient au IIè livre et ils sont mis en rapport avec la vie active et la vie intérieure. Au Miroir du salut éternel, au livre des Sept clôtures et à celui des Sept degrés d'amour, les derniers chapitres décrivent de nouveau la haute vie contemplative.
L'auteur y revenait, en effet, sans cesse, comme au sujet qui possédait son âme tout entière. Car la vie du saint homme ne fut qu'une expérience continue des grâces les plus hautes par lesquelles Dieu daigne dès ici-bas s'unir les âmes privilégiées.
« Un jour, écrit son biographe, vers les derniers temps de sa vie, il lui advint, étant à l'élévation, que la coutumière et bénigne présence de la suavité divine l'envahit à tel point qu'il demeura hors de lui-même et que, à moins du secours de la surnaturelle grâce, il eût rendu l'âme, tant l'excessive douceur de Jésus l'énivrait. Sans mouvements, sans forces, sans usage des membres, il semblait au frère servant qu'il était impossible à un homme si débile de continuer à vivre. Ce pauvre homme tremblait et s'attendait à tout moment à voir arriver la finale catastrophe ; aussi, dès que la messe fut finie, il courut avertir le supérieur. Ce dernier aussi effrayé que le servant de messe, fit venir le dévot Prieur et lui défendit, et de peur du scandale de la communauté et de crainte de commettre un péché d'irrespect, de célébrer à l'avenir. »
« Seigneur, mon Père, répondit humblement le saint vieillard, ne m'empêche pas, je t'en prie, pour de pareilles choses, de célébrer la messe. Ce qui semble extérieurement une faiblesse due à l'âge est surtout un afflux de la divine grâce. À cette fois le Seigneur Jésus m'a visité et m'a dit avec une joyeuse douceur : « Tu es mien et je suis tien (18). »
Cet aveu arraché au dévot ermite de Grœnendael, et que nous a conservé Pomérius, est d'ailleurs corroboré par plus d'un passage des œuvres de Ruysbroeck, où il semble qu'il ait trahi son âme. Voici, pour terminer, une des dernières pages du livre des Sept degrés d'amour spirituel où l'auteur décrit le repos de jouissance pris en Dieu : « La jouissance réclame le repos, car c'est, au-dessus de tout vouloir et de tout désir, l'embrassement du bien-aimé par le bien-aimé, dans un amour pur et sans images ; là où le Père conjointement avec le Fils s'empare de ceux qu'il aime dans l'unité de jouissance de son Esprit, au-dessus de la fécondité de la nature ; là où le Père dit à chaque esprit dans une complaisance éternelle « Je suis à toi et tu es à moi ; je suis tien et tu es mien ; je t'ai choisi de toute éternité. » Il naît alors entre Dieu et ses bien-aimés une telle joie et complaisance mutuelle, que ceux-ci sont ravis, hors d'eux-mêmes, se fondent et s'écoulent pour devenir en jouissance un seul esprit avec Dieu, tendant éternellement vers la béatitude infinie de son essence (19). »
Abbaye de Saint Paul de Wisques,
Oosterhout, en la fête de Ste Cécile, 22 novembre 1919.
La présentation entière de l'oeuvre de Ruysbroeck se trouve ici, sur le site de livres-mystiques.com
11:00 Lien permanent | Envoyer cette note
Tous les matins du monde
09:24 Lien permanent | Envoyer cette note
12.02.2009
Prière de ce matin
10:17 Lien permanent | Envoyer cette note
11.02.2009
Vie
Mon Dieu de grand chemin,
Toi qui surgis au coin des bois,
Au détour du ciel, au fond des yeux
De mon époux – oh, qu’il est doux
De l’aimer en t’aimant !
Mon Dieu qui hurles sous ma peau
Sans bruit, qui chantes dans mes bras,
Qui frémis au creux des frondaisons
De ma poitrine soulevée par ton souffle,
Ô mon Dieu, mon Dieu si proche, si présent,
Si mystérieusement puissant,
Écoute la prière de ta libre et entière
Captive : Sois heureux, Seigneur.
Les arbres courent le long des voies,
Les hommes marchent à ta rencontre,
Les maisons s’ouvrent en corolles vers le ciel,
Les eaux montent d’amour et notre sœur la mort
Baisse les yeux devant ta face qu’elle voit,
Se mettant toute à ton service
Pour nous renouveler la vie.
16:14 Lien permanent | Envoyer cette note

