31.12.2008
3 prières
Chaque matin quand je m’éveille
Le feu couve sous les cendres.
Mon Dieu, t’ai-je déjà dit que je t’aimais ?
Autant de fois qu’il y a d’étoiles au ciel
Je te l’ai dit.
Bientôt tous les hommes et toutes les femmes
Seront prêtres
Et toi seul embrasera les chairs de ceux qui s’aiment.
*
Je marche droit, Seigneur, tu le sais.
Je révèle toute vérité qu’en moi tu fais naître,
Advenir et monter. Aide-moi maintenant,
Envoie-moi des hommes et des femmes qui saisissent
Ce que tu me fais dire et montrer.
Sans toi je ne suis rien
Et sans mes frères humains je ne suis plus humaine.
Je marche droit sur ta route escarpée,
Suivant les mille détours que tes cailloux m’imposent
Comme des signes dans ma chair,
Comme des mains sur ma tête,
Suivant les mystères du sentier je marche droit vers toi
Supportant les regards pleins de doutes de mes frères humains
Je marche à ton étoile et te prie de m’aider
À ouvrir leurs paupières afin qu’ils voient aussi
Dans ton ciel, au-dessus d’eux-mêmes, le sens.
*
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28.12.2008
... à Montréal aussi
il neige... ici, et par e-mail de Trogloxène, en beauté aussi :






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Fidèle
Je suis la femme sauvage, solitaire et qui sait
Les secrets, la façon dont le Seigneur du monde
Se manifeste sur cette terre et en tout lieu
Où son désir l’appelle. Je suis la femme de ce Dieu
Unique, je ramasse des plumes, je chante
Les forêts, je dors au creux du ciel, je marche
Sous la terre, je ris, je pleure, je gémis, je ramène
Aux hommes la parole éperdue de l’amour qui me tient.
*
Mon Dieu du bout du chemin qui n’a pas de bout,
Mon Seigneur de la trouée entre les arbres,
Mon Amour du halo blanc qui m’appelle et que je suis,
Mon Désir, ma Vie, mon Au-Delà,
Toi qui me viens
Jusqu’au bout de l’intime qui n’a pas de bout,
Toi que je sens
Marcher en moi, le cœur aussi battant
Que le mien tandis qu’en toi je marche,
Toi qui me creuses,
Que mon corps te soit temple et t’élève,
Toi qui me fais monter vers toi du cœur du monde,
Ton corps,
Que je traverse et par où je me porte
À l’autel.
*
Ses flammes partant de toi,
Ses flammes partant de moi,
Intermédiaire entre toi et moi, l’Amour.
Heureux de nous avoir trouvés,
De brûler l’un après l’autre nos voiles,
De nous brûler, nous qui l’aimons,
De s’unir à nos cœurs, redevenus
Purs diamants l’un de l’autre fondant
Comme neige au soleil.
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24.12.2008
à la Source
Longtemps toutes les nuits j’ai mêlé mes jambes à celles de l’homme dans les lits.
Des faims charnelles m’éveillaient, les miennes ou celles de l’aimé.
Sans allumer, les corps entre les draps l’un l’autre se touchaient comme des animaux étranges au fond des mers,
Par mouvements aveugles, tête à queue, face à face, ventre à dos,
Et l’amour se faisait, brûlant et doux, parenthèse d’éternité au creux des heures obscures,
Lumière donnée entièrement de l’être à l’être,
Réciproquement donnée, mais plus encore, secrètement, donnée pour toute l’humanité.
Mystère de la sombre, innocente pulsion qui s’offre à éclairer les hommes,
Du désir qui remonte, poisson vif, la rivière des siècles, pour frayer à la Source.
*
Dans la bonne grande fatigue, rassasié de jours,
Comment ne pas songer
À la douceur du sommeil ?
*
Et notre amour, est-il à l’image de Dieu ?
C’est ainsi que je le veux.
Est-il immortel, infini, absolument splendide ?
Tient-il parole ?
Est-il toujours plus surprenant, bouleversant,
Et malgré tout royalement serein ?
C’est ainsi que je le vis, le reconnais et l’offre,
Cœur d’or entre mes paumes tendues,
À Dieu.
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19.12.2008
Vision

Je levai à nouveau les yeux et j'eus une vision. Voici : il y avait un livre qui volait.
L'ange qui me parlait me dit : Qu'est-ce que tu vois ? Je répondis : Je vois un livre qui vole; sa longueur est de vingt coudées, sa largeur de dix.
Alors il me dit : Ceci est la Malédiction qui se répand sur la face de tout le pays. Car, d'après elle, tout voleur sera chassé d'ici, et d'après elle, tout homme qui jure faussement par mon nom sera chassé d'ici.
Je la déchaînerai - oracle de Yahvé Sabaot - pour qu'elle entre chez le voleur et chez celui qui jure faussement par mon nom, qu'elle s'établisse au milieu de sa maison et la consume, avec ses poutres et ses pierres.
Zacharie, 5
Je levai à nouveau les yeux et j'eus une vision. Voici : quatre chars sortaient d'entre les deux montagnes; et les montagnes étaient des montagnes d'airain.
Au premier char, il y avait des chevaux roux; au deuxième char, des chevaux noirs;
au troisième char, des chevaux blancs et au quatrième char, des chevaux pie vigoureux.
Prenant la parole, je dis à l'ange qui me parlait : Que signifient ceux-ci, mon Seigneur ?
L'ange me répondit : Ces quatre vents du ciel s'avancent après s'être tenus devant le Seigneur de toute la terre.
Là où sont les chevaux noirs, ils s'avancent vers le pays du nord; les blancs s'avancent derrière eux, et les pie s'avancent vers le pays du midi.
Vigoureux, ils avançaient, impatients de parcourir la terre. Il leur dit : Allez parcourir la terre. Et ils parcoururent la terre.
Ainsi parle Yahvé Sabaot. Voici un homme dont le nom est Germe; là où il est, quelque chose va germer et il reconstruira le sanctuaire de Yahvé .
C'est lui qui reconstruira le sanctuaire de Yahvé, c'est lui qui portera les insignes royaux. Il siégera sur son trône en dominateur, et il y aura un prêtre à sa droite. Une paix parfaite régnera entre eux deux.
Zacharie, 6
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Les pierres crieront
Quand il fut proche, à la vue de la ville, il pleura sur elle,
en disant : « Ah ! si en ce jour tu avais compris, toi aussi, le message de paix ! Mais non, il est demeuré caché à tes yeux.
Oui, des jours viendront sur toi, où tes ennemis t'environneront de retranchements, t'investiront, te presseront de toute part.
Ils t'écraseront sur le sol, toi et tes enfants au milieu de toi, et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n'as pas reconnu le temps où tu fus visitée ! » .
Puis, entré dans le Temple, il se mit à chasser les vendeurs,
en leur disant : « Il est écrit : Ma maison sera une maison de prière. Mais vous, vous en avez fait un repaire de brigands ! »
Luc, 41-46
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18.12.2008
Noël
Entre les plumes de la mort se joue une musique.
Sa partition vous porte et vous emporte, nageant dans le ruban de notes vous traversez le silence du temps.
Sur l’autre rive il y a un ascenseur. Ses parois sont en cristal. Vous passez à travers et il vous monte, à une vitesse lente de lumière, où vous faites
autour d’eux la nuit noire, neige inversée, danser sans bruit dans l’air tiède, à flocons venir, poser sa caresse dans son cou à elle, sur sa nuque à lui.
Côte à côte ils marchent sur une route de campagne dont on distingue à peine les bords, coulant droite dans la ténèbre entre les prés, côte à côte ils marchent droit devant eux comme s’ils y voyaient, et il est vrai qu’on y voit pourtant, comme s’il y avait des lanternes invisibles çà et là dans le tableau, peut-être des étoiles au ciel mais non, la lumière vient de partout, à peine, sans se montrer, des animaux-lumières évoluent dans le paysage, secrets animaux nocturnes qu’on ne voit pas et qui tremblent dans les yeux de l’homme et de la femme pour qu’ils y voient, leurs lampes dans les yeux.
Dans la nuit noire ils avancent, vers leur nuit inversée, sans savoir. C’est une nuit d’été très douce et silencieuse, qui laisse entendre tous les chuchotis de la nature, alors que de l’autre côté du temps la neige maintenant salue le soir de Noël, froufroutante, avalant tous les bruits. L’homme et la femme remuent-ils les lèvres en avançant ? Ce qu’ils se disent dans le noir, si le son ne sort pas d’entre leurs lèvres c’est la terre, l’herbe et l’air qui leur murmurent les paroles qui entrent dans leur bouche ouverte, et s’ils ne voient rien dans l’ombre profonde où ils avancent, c’est du cœur de l’obscur que pénètre en eux, par tous leurs pores, la vision de ce qu’ils ne savent pas venir, par-delà homme et femme, par-delà mort et vie, leur union.
(Forêt profonde)
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17.12.2008
Mon toit enneigé

22:25 Publié dans Amour | Lien permanent | Envoyer cette note
Écrit tout à l'heure en marchant, d'un jet
Aujourd’hui toute la ville
Se reflète par terre
Dans l’eau tombée du ciel,
Sur ses rues ses trottoirs,
Ses pavés ses statues,
Ses squares ses pelouses ses bancs
Détrempés de lumière,
Entre les sirènes des voitures pressées
Et les vols d’oiseaux lents, légers,
Anges chargés de tout le temps du monde.
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Envoi
15:21 Publié dans Amour | Lien permanent | Envoyer cette note
Lovés, relevés, loués
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15.12.2008
Quand je vivais à Notre-Dame de Paris
J’ai pris les clés, fermé la porte derrière moi et continué l’ascension de la tour par le long escalier en colimaçon. J’ai débouché en plein air sur la fantastique galerie peuplée de chimères, à la fois si étranges et pourtant proches, comme si elles étaient vivantes, là dans la forêt de pierre suspendue, parmi les flèches et les arcs-boutants gothiques dressés à la poupe de l’île. Il pleuvait, une grosse pluie tiède qui s’écoulait à seaux par les chéneaux et l’armée des gargouilles tendues gueule ouverte sur le vide. J’ai rabattu ma capuche sur ma tête. Cinquante mètres plus bas la Seine, très haute, emportait à vive allure des plaques de glace aux formes de bêtes monstrueuses. Je regardai Paris, qu’à ma droite la fameuse stryge, oiseau de nuit maléfique, semblait contempler aussi de ses gros yeux fixes, son épaisse langue un peu pendante, ses joues dans ses mains sous ses oreilles en points d’interrogation, ses ailes repliées dans son dos presque à toucher ses cornes. Malgré l’épais rideau de pluie, je distinguai sur différents plans la tour Montparnasse, Saint-Sulpice, les Invalides, l’église Saint-Germain, la Sainte Chapelle, la tour Eiffel, l’Opéra, le Sacré-Cœur, et en me penchant, tout à droite, au nord, les tuyaux bleus de Beaubourg. Au bout de la galerie je trouvai l’escalier de la tour sud, au sommet de laquelle je grimpai. De tout là-haut on avait une vue panoramique sur la ville entière, mais la pluie était trop dense pour que je puisse en profiter pleinement.
Je suis redescendue dans la cathédrale. Il n’y avait plus personne. J’en ai fait le tour puis je me suis tenue à l’intersection de la croix formée par l’édifice, d’où j’ai contemplé les trois grandes rosaces percées respectivement au nord, au sud et à l’ouest. M’importaient moins les motifs, figures et scènes des vitraux, que j’identifiais d’ailleurs mal en ce jour peu lumineux, que leur forme, leurs rayons, le kaléidoscope de leurs rouges, de leurs bleus et de toutes leurs couleurs sensibles. Je suis restée là longtemps, tournant lentement sur moi-même pour les regarder alternativement, jusqu’à ce que je les voie se mettre à tourner aussi, ces grandes roues célestes constellées d’yeux.
De retour dans ma pièce, j’ai été accueillie par un bourdonnement de guêpes. Il y en avait des dizaines. Sorties de nulle part, comme si elles
avaient patienté entre les pierres pendant la glaciation et dès le redoux éclos pour se répandre. De même qu’il arrive, dans le désert, qu’après des années de sécheresse une matinée de pluie suffise à faire sortir soudainement du sable une végétation abondante, fleurs épanouies et plantes grasses qui, après avoir attendu tout ce temps leur heure, ne perdent pas une minute pour saisir la vie. Je me souvins de l’homme aux chameaux qui dans une autre vie m’avait parlé de ça, devant sa tente.
J’ai retiré une de mes chaussures et j’ai commencé à tuer celles qui se posaient contre les murs. Cette chasse m’a occupée toute la journée. Le sol était jonché de leurs cadavres, mais il en sortait toujours d’autres et il y en avait toujours autant. Le craquement de leur corps sous ma pression et leurs restes écrasés collés à ma semelle me remplissaient d’un mélange de tristesse et de dégoût grandissants. Je devais m’appliquer à les tuer avec le plus grand calme, pour ne pas les énerver. Le lendemain matin pourtant, l’une d’elles me piqua au genou. Je poussai un cri, sous la douleur vive. La piqûre enfla et me fit souffrir pendant plus d’une semaine. Pour me soulager, je pris l’habitude de la scarifier avec mes ongles. J’y fis plusieurs entailles, que je réouvrais tous les jours, et par lesquelles je faisais sortir un liquide transparent, espérant me débarrasser du venin, du poison. Après avoir longuement martyrisé la plaie, je ne sentais plus à la place qu’un brasier qui annihilait la démangeaison pendant une ou deux douzaines d’heures ; après quoi, je recommençais.
L’affaire des guêpes dura des jours et des jours. Une fois, alors que j’allais frapper l’une d’elles, qui marchait sur une pierre poisseuse de ses sœurs écrasées, je la vis se mettre à faire sa toilette, usant de ses antennes et de ses pattes avec un soin de femme assise à sa coiffeuse, le plus paisiblement du monde. C’est bête à dire, mais je sentis qu’elle avait en cet instant une petite âme tranquille et qu’elle me ressemblait terriblement, bien que je fusse au même moment, moi, très troublée et malheureuse de cette tuerie. Je l’observai un peu trop longtemps, et elle s’envola.
Vers la fin elles se posaient en grappes, pleines tour à tour d’excitation et de torpeur, sur une pierre ou une poutre. Montée sur une chaise, je dirigeais précautionneusement et sûrement ma main chaussée vers elles, et dans un mélange de concentration intense, de grande lassitude et de tristesse nauséeuse, en écrasais plusieurs à la fois, dans un concert de minuscules et horribles craquements.
Je m’aperçus bientôt que leurs centaines de cadavres, que je repoussais au fur et à mesure dans un coin de la pièce, se mettait, comme s’il se fût agi d’un seul gros animal, à sentir la charogne. Je pris une pelle et un balai pour les évacuer. Alors que je le maniai, le balai se mit à vrombir surnaturellement. Je scrutai le monticule de bêtes mortes, pour voir s’il ne s’y trouvait pas des corps encore en vie qui s’agiteraient dans le charnier et produiraient ces sons d’outre-tombe. Mais non. J’eus un instant la sensation qu’il s’agissait donc de leurs fantômes, qui cherchaient à se venger de moi. À quoi servent les guêpes ? pensai-je, tâchant de sortir de ma soudaine sidération. Puis je compris qu’en fait certaines s’étaient glissées dans le tuyau en métal creux du manche que je tenais, et qui avait perdu son extrémité de caoutchouc. En me saisissant du balai je les avais réveillées, et elles s’agitaient là-dedans en émettant ces signaux aigus et chaotiques.
Il m’arrivait aussi d’en trouver une dans mes chaussures ou mes vêtements au moment de m’habiller, et je devais sans cesse me tenir sur mes gardes, spécialement en mangeant, me rappelant avoir autrefois connu le cas d’une femme qui était morte en quelques minutes, assise à la terrasse d’un marchand de glaces, après avoir avalé par mégarde une guêpe qui l’avait aussitôt piquée à l’intérieur, dans la gorge.
Pour échapper à leur bourdonnement obsédant comme celui de la mauvaise parole, je passais beaucoup de temps dehors, sur les galeries et en haut des tours, ou bien dans l’ombre du beffroi près de l’énorme cloche muette, ou encore au cœur de la basilique, ou enfermée dans ma chambre où elles n’entraient pas et où je dormais souvent dans la journée, étant privée de sommeil la nuit par une chauve-souris. Était-ce aussi la nouvelle chaleur qui la faisait sortir de son trou ? Dès ma première nuit solitaire, à peine endormie, je fus réveillée par de sourds battements d’ailes au-dessus de ma tête, en même temps que je sentais, dans l’intense obscurité, des déplacements de vent sur mon visage. Je rallumai, et je la vis. Elle se débattait en l’air dans l’étroite pièce, d’un mur à l’autre.
Alors que je me levai pour aller ouvrir la porte, dans son affolement elle s’accrocha un instant à mes cheveux. Par des paroles et des gestes, j’essayai de la chasser de ma chambre. En vain. Au bout d’une heure, soudain elle disparut.
Le lendemain vers minuit, elle réapparut alors que je n’avais pas encore éteint. Je saisis mon pull à capuche et la mit sur ma tête. J’allai ouvrir aussi la porte d’entrée de la grande pièce. Mais je n’arrivai toujours pas à la faire sortir. Elle allait d’un mur à l’autre dans une grande agitation et je ne la quittais pas des yeux. Finalement je la vis se poser à la verticale sur une pierre près du plafond, puis avancer, petite chose noire semblant dépourvue d’os, écoeurante et pataude, jusqu’à un interstice où repliant les membranes qui lui servaient d’ailes, elle s’engouffra.
J’attendis encore, et ne la voyant pas réapparaître, j’éteignis la lumière et tâchai de me rendormir. J’étais plutôt agitée moi aussi, mais je finis par trouver le sommeil, la couette remontée le plus haut possible sur mes cheveux. Un moment après, le lourd FLLL, FLLLL, reprenait. Et les courants d’air sur mon front. Je restai immobile, paralysée, tendue dans l’écoute. Puis je rallumai. Elle était là. Le cirque recommençait, et il recommença toutes les nuits, jusqu’au retour d’Haruki.
La dernière fois, couchée dans mon lit et attendant l’arrivée de mon tourment, dont j’espérais toujours parvenir à me débarrasser, je me relevai et descendis dans la cathédrale, où, debout face à la rose sud, j’improvisai une sorte de prière.
« Marie, Reine du ciel, sainte Vierge, aide-moi quand il fait noir et quand j’ai peur du noir.
Dis-moi Marie, toi qui rayonnes maintenant là-haut, si belle dans ta grâce et ta bonté,
Quand tu étais sur terre, aurais-tu eu peur, toi, d’une chauve-souris qui chaque nuit serait sortie d’entre les pierres de ta chambre,
De cette pièce où tu aurais dormi seule et d’où chaque nuit tu aurais tenté en vain de la chasser ?
Aurais-tu eu peur de son bruit d’ailes qui ne sont pas des ailes ?
Dis-moi, Marie, toi qui es si supérieure à moi dans ta paix, aurais-tu réussi à la considérer comme un ange de lumière, un être de beauté, pitoyable comme tous les êtres, cette noire et vilaine chauve-souris ?
Ou devrais-je en la voyant méditer plutôt sur le démon, sur cette part aveugle qui m’habite et volette entre mes murs quand je voudrais qu’elle rejoigne je ne sais quelle contrée dans la nuit qui m’est étrangère, que je ne veux pas connaître et où je veux ne jamais aller ?
Si tu as donné naissance à Jésus dans une grange semblable à la mienne, semblable à toutes les granges du monde, semblable à la crèche que j’installais avec mes enfants au pied du sapin,
Alors il pouvait y avoir, qui sortaient d’entre ses pierres comme chez moi,
Des guêpes, des araignées, des souris, des oiseaux parfois, ou même des loirs ou des chauve-souris
Il pouvait y avoir un moment où l’on aimait ces bêtes et un autre où l’on en avait peur
Surtout quand elles étaient à l’intérieur
Et il pouvait arriver que l’on souffre d’avoir à tuer certaines de ces bêtes
Tu sais tout cela, n’est-ce pas, Marie ?
Aide-moi, mère et fille de la Lumière, rends-moi le jour, je suis seule et j’ai besoin de toi. »
Apaisée, j’allai m’asseoir sur un banc, laissant dériver mes pensées. Puis je dis, en regardant la rose nord :
« Marie, chaque fois que mes fils ont commencé à grandir, et que j’ai senti qu’il me fallait désormais me tenir un peu plus à distance d’eux,
Parce que c’était si déchirant et si nécessaire de prendre cette distance,
J’ai cherché un autre fils à aimer, un homme fils.
Tu me comprends, n’est-ce pas ? Comment une femme peut-elle mieux aimer que dans cet amour ?
Et je t’en parle parce que tu sais aussi combien ce peut être douloureux, d’aimer un fils, quand il n’est plus un enfant.
Il t’a fait souffrir mais aussi devenir radieuse pour tous ceux qui souffrent.
Merci à toi, et demande-lui, je t’en prie, d’avoir merci de moi. »
(in Forêt profonde)
23:46 Publié dans Amour | Lien permanent | Envoyer cette note
For unto us
15 décembre 2008, images de la crèche à Notre-Dame de Paris. Musique : "For unto us a child is born", du Messie de Haendel.
20:47 Publié dans Amour | Lien permanent | Envoyer cette note
14.12.2008
Pénétrer et connaître
Dans un premier état, qui n’a pas été conservé me semble-t-il, le manuscrit de mon premier roman, Le Boucher, avait cette phrase (la seule dont je me souvienne parfaitement), pour commenter le moment où l’homme « connaissait » la femme, le moment de la pénétration : « et c’est l’entrée massive du Sauveur ».
Bien entendu on ne peut se contenter d’une lecture littérale de cette phrase – et si elle n’apparaît pas dans le livre, c’est pour éviter qu’en soit exclusivement faite une telle lecture. Mais les mots sont vivants, et ils parlent d’eux-mêmes. Pénétrer veut dire aussi comprendre. En pénétrant le mystère que « je » suis, l’homme me comprend (et dans ce verbe aussi, on peut entendre ce qu’il donne à entendre). Si j’y trouve un éblouissement immédiat, c’est que je me suis abandonnée à cette possibilité de pénétration, je me suis présentée tout accueil (sinon, je n’en retirerai que tristesse ou mépris).
Mais l’homme lui-même doit être ouvert au mystère et ouvert à l’autre, pour réussir à pénétrer. Car même en croyant « pénétrer », il arrive qu’il se répande à côté, commettant le péché d’Onan, qui apparaît ainsi comme un péché de fermeture sur soi, une faute de compréhension, qui le fait « se répandre » en faux jugement, en fausses et stériles paroles.
C’est cette faute si courante qui a fait la mauvaise réputation de la sexualité. Ce n’est pourtant pas pour rien que Dieu nous a constitués en êtres sexués. Mais pour que l’homme et la femme puissent être l’un pour l’autre voie vers Dieu.
15:46 Publié dans Amour | Lien permanent | Envoyer cette note
À qui me reconnaît, je rends la vie
Qui fut avec moi, de son mieux, quand je traversai la mort ? O seul, l’homme que j’aimais. C’est pourquoi je lui ai rendu sa vie.
14:40 Publié dans Amour | Lien permanent | Envoyer cette note
Se lever
Je me lève,
Je me sens pleine d’amour,
Pleine de joie, pleine de chants,
Pour toi, lumière d’amour !
Petit amour, mon amour
Pour de vrai, pour de rire,
Pour de sourire aux anges,
Aimes-tu le matin, quand je me lève
Et qu’il fait plein soleil
Sur la terre ? m’aimes-tu, soleil d’or,
M’aimes-tu quand tu dors ?
10:40 Publié dans Amour | Lien permanent | Envoyer cette note
12.12.2008
Plus jamais triste. À mon frère qui sait.
Frère Rufin regagna sa cellule pour prier dans la forêt et, alors qu'il se tenait en prière avec beaucoup de larmes, voici que vint l'ennemi sous la forme du Christ, disant : "Frère Rufin, ne t'ai-je pas dit de ne pas croire le fils de Pierre Bernardone, car tu es damné, et de ne pas t'épuiser dans les oraisons et les larmes ? À quoi cela te sert-il, si tu t'affliges pendant ta vie et qu'à ta mort tu es damné ?" Frère Rufin répondit aussitôt : "Ouvre la bouche , que je t'y chie."
(...)
Comme après cela il se tenait en prière avec beaucoup de larmes, voici que le Christ béni lui apparut et fit fondre toute son âme d'amour divin, disant : "Tu as bien fait, fils, de croire frère François, car celui qui t'attristait était le diable. C'est moi le Christ, ton maître, et, pour que tu en sois tout à fait certain, que ceci te soit un signe : tant que tu seras de ce monde, jamais plus tu ne seras triste."
"Les actes du bienheureux François et de ses compagnons", Cerf, 2008
Lisant cela à voix haute, à deux reprises j'ai prononcé par lapsus "damé" au lieu de "damné"
12:54 Publié dans Amour | Lien permanent | Envoyer cette note
Or
J’ouvre les yeux : la prairie
Nourricière entre les feuillages
Sombres n’est plus que nappe
De lumière d’or.
Étendues d’or à ma fenêtre !
Ô le signe ardent et doux
Que m’envoient le ciel, l’aurore,
Du royaume ! Mes pupilles
Le boivent, mes paupières
Tendrement se referment sur le trésor reçu.
Mon âme sourit aux anges,
Un nouvel arbre luit dans mon nouveau sommeil,
Le jour aura la couleur du pain chaud,
Le jour au paradis endorera
Toutes les nuits de ceux qui s’aiment.
00:44 Publié dans Amour | Lien permanent | Envoyer cette note
11.12.2008
Une voix dans le ciel
Pour le chant de cette voix... à Lourdes, l'après-midi du 14 septembre 2008. Le mur est celui du carmel.
01:03 Publié dans Amour | Lien permanent | Envoyer cette note
Danser, tracer
Je suis danseuse, pardon pour mes écarts,
Je bondis la joie, la surprise, l’effroi,
Docile marionnette entre les doigts de Dieu
Je trace dans l’espace la sismique des cœurs.
Ô bien-aimé, mon chêne, mon repère,
Garde-moi bien, accueille-moi toujours,
Libre à ton pied, au sortir de la scène
Où j’ai tant obéi aux mouvements du ciel.
00:01 Publié dans Amour | Lien permanent | Envoyer cette note
10.12.2008
Témoin
"Le paradoxe de la révolution, comme l'épique chevauchée du chevalier à la triste figure, vit dans la conscience de l'écrivain. S'il y a une vertu indispensable à sa plume, c'est qu'elle ne doive jamais servir à la louange des puissants, fût-ce du plus léger chatouillis. Et pourtant, même dans la pratique de cette vertu, l'artiste ne doit pas se sentir lavé de tout soupçon. Sa révolte, son refus, ses imprécations restent d'un certain côté de la barrière, du côté de la langue des puissants. Quelques mots, quelques phrases s'échappent. Mais le reste ? Un long palimpseste, un atermoiement élégant et distant. L'humour, parfois, qui n'est pas la politesse du désespoir mais la désespérance des imparfaits, la plage où le courant tumultueux de l'injustice les abandonne.
Alors, pourquoi écrire ? L'écrivain, depuis quelque temps déjà, n'a plus l'outrecuidance de croire qu'il va changer le monde, qu'il va accoucher par ses nouvelles et ses romans un modèle de vie meilleur. Plus simplement, il se veut témoin. Voyez cet autre arbre dans la forêt des paradoxes. L'écrivain se veut témoin, alors qu'il n'est, la plupart du temps, qu'un simple voyeur."
J-M G Le Clézio, discours du Nobel, "Dans la forêt des paradoxes", qui est aussi une défense résolue du livre, en ces temps de "communication virtuelle".
"...témoigner de nos errances et exorciser mes lecteurs de nos angoisses..."
"La richesse monstrueuse que je sentais en moi, je ne pouvais pas la dire avec la langue savante et autorisée du bourgeois, je ne pouvais pas la dire avec la langue restreinte et peu exigeante du populaire, je ne pouvais écrire ni dans mes habits de nouvelle riche ni dans mes habits d’ancienne pauvre, je ne pouvais écrire que nue. Je ne pouvais écrire que de mon désert natal, d’où je voyais avec une acuité presque insoutenable le cirque écoeurant des hommes et le cœur splendide du monde."
"... je refusais de trahir, d’entrer dans le système en passant du camp des dominés à celui des dominants..."
"Et quand j’avais enfin compris que telle avait été ma plus grande faute, avoir renoncé à la possibilité de changer la vie avec mes livres, il était trop tard, nous étions entrés dans le temps des Ruines, où le mot livre, s’il conservait encore dans quelques mémoires l’aura d’un fabuleux trésor disparu, ne correspondait plus à aucune autre réalité que de la poussière de papier."
"Forêt profonde"
14:24 Publié dans Amour | Lien permanent | Envoyer cette note
Royauté
(...) une nuit est arrivée une jeune femme. Son nom était Elvira. Dans toute la forêt des Emberas, Elvira était connue pour son art de conter. C'était une aventurière, qui vivait sans homme, sans enfants – on racontait qu'elle était un peu ivrognesse, un peu prostituée, mais je n'en crois rien – et qui allait de maison en maison pour chanter, moyennant un repas, une bouteille d'alcool, parfois un peu d'argent. Bien que je n'aie eu accès à ses contes que par le biais de la traduction – la langue embera comprend une version littéraire beaucoup plus complexe que la langue de chaque jour – j'ai tout de suite compris qu'elle était une grande artiste, dans le meilleur sens qu'on puisse donner à ce mot. Le timbre de sa voix, le rythme de ses mains frappant ses lourds colliers de pièces d'argent sur sa poitrine, et par-dessus tout cet air de possession qui illuminait son visage et son regard, cette sorte d'emportement mesuré et cadencé, avaient un pouvoir sur tous ceux qui étaient présents. A la trame simple des mythes – l'invention du tabac, le couple des jumeaux originels, histoires de dieux et d'humains venues du fond des temps, elle ajoutait sa propre histoire, celle de sa vie errante, ses amours, les trahisons et les souffrances, le bonheur intense de l'amour charnel, l'acide de la jalousie, la peur de vieillir et de mourir. Elle etait la poésie en action, le théâtre antique, en meme temps que le roman le plus contemporain. Elle était tout cela avec feu, avec violence, elle inventait, dans la noirceur de la forêt, parmi le bruit environnant des insectes et des crapauds, le tourbillon des chauves-souris, cette sensation qui n'a pas d'autre nom que la beauté. Comme si elle portait dans son chant la puissance véridique de la nature, et c'était là sans doute le plus grand paradoxe, que ce lieu isolé, cette forêt, la plus éloignée de la sophistication de la littérature, était l'endroit où l'art s'exprimait avec le plus de force et d'authenticité.
Ensuite j'ai quitté ce pays, je n'ai plus jamais revu Elvira, ni aucun des conteurs de la forêt du Darien. Mais il m'est resté beaucoup plus que de la nostalgie, la certitude que la littérature pouvait exister, malgré toute l'usure des conventions et des compromis, malgré l'incapacité dans laquelle les écrivains étaient de changer le monde. Quelque chose de grand et de fort, qui les surpasse, parfois les anime et les transfigure, et leur rend l'harmonie avec la nature. Quelque chose de neuf et de très ancien à la fois, impalpable comme le vent, immatériel comme les nuages, infini comme la mer. Ce quelque chose qui vibre dans la poésie de Jallal Eddine Roumi, par exemple, ou dans l'architecture visionnaire d'Emanuel Swedenborg. Le frisson que l'on éprouve à lire les plus beaux textes de l'humanité, tel le discours que le chef Stealth des Indiens Lumni adressait à la fin du dix-neuvième siècle au Président des Etats-Unis, afin de lui faire don de la terre : « Peut-être sommes nous frères… »
Quelque chose de simple, de vrai, qui n'existe que dans le langage. Une allure, une ruse parfois, une danse grinçante, ou bien de grandes plages de silence. La langue de la moquerie, les interjections, les malédictions, et tout de suite après, la langue du paradis.
C'est à elle, Elvira, que j'adresse cet éloge – à elle que je dédie ce Prix que l'Académie de Suède me remet.
(...)
Dans tout son pessimisme, la phrase de Stig Dagerman sur le paradoxe fondamental de l'écrivain, insatisfait de ne pouvoir s'adresser à ceux qui ont faim – de nourriture et de savoir – touche à la plus grande vérité. L'alphabétisation et la lutte contre la famine sont liées, étroitement interdépendantes. L'une ne saurait réussir sans l'autre. Toutes deux demandent – exigent aujourd'hui notre action. Que dans ce troisième millénaire qui vient de commencer, sur notre terre commune, aucun enfant, quel que soit son sexe, sa langue ou sa religion, ne soit abandonné à la faim ou à l'ignorance, laissé à l'écart du festin. Cet enfant porte en lui l'avenir de notre race humaine. À lui la royauté, comme l'a écrit il y a très longtemps le Grec Héraclite.
J.M.G. Le Clézio , Bretagne, 4 novembre 2008. L'intégralité de son discours de réception au Nobel, ici, ou mieux, là.
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09.12.2008
Pardon
Le chemin n’est pas sur terre, mon cœur,
Merci de le savoir si bien.
Il est dessous, il est dedans,
Il est au cœur de l’être.
L’être n’est pas de jour, mon cœur.
Le jour est l’épiphanie de l’être,
Qui se tient, palpitant,
Au creux profond de la ténèbre.
J’ai peur quand il faut descendre, mon cœur,
Mais je n’ai pas peur car je te tiens la main,
Mon guide, ma lampe dans ma paume,
Au long des longs, si longs couloirs de la mine
Où je travaille depuis un temps très ancien,
Que je creuse et arpente à mesure que je creuse,
Encore et toujours de nouveau, dans l’espoir
D’en ramener chaque fois une lumière plus pure,
Et maintenant une pure lumière,
Digne de toi, mon cœur.
Oh, mon cœur, pardonne-moi
Ces traces noires sur mon visage et sur mes mains,
Je suis mineur de fond, je creuse dans la nuit
Et la mine en retour imprime sur moi sa nuit,
Mais toute rencontre que j’y fais avec notre Lumière,
Elle est pour toi,
Et puis pour tous nos frères.
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08.12.2008
Surabondante grâce
Car si par un seul homme, par la faute d'un seul, la mort a régné, à plus forte raison, par le seul Jésus Christ, régneront-ils dans la vie, ceux qui reçoivent l'abondance de la grâce et du don de la justice.
Bref, comme par la faute d'un seul ce fut pour tous les hommes la condamnation, ainsi par l'oeuvre de justice d'un seul, c'est pour tous les hommes la justification qui donne la vie.
De même en effet que, par la désobéissance d'un seul homme, la multitude a été rendue pécheresse, de même aussi, par l'obéissance d'un seul, la multitude sera-t-elle rendue juste.
La loi, elle, est intervenue pour que prolifère la faute, mais là où le péché a proliféré, la grâce a surabondé,
afin que, comme le péché avait régné pour la mort, ainsi, par la justice, la grâce règne pour la vie éternelle par Jésus Christ, notre Seigneur.
Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains (Rm 5, 12-21), lecture du milieu de ce jour
13:33 Publié dans Amour | Lien permanent | Envoyer cette note
Bienheureuse
Je suis la bienheureuse,
La route qui s’élève sous nos pas,
La rivière remontée qui te lave les pieds,
La voie lactée qui lentement s’enroule,
Nous abreuve, elle aussi toute entière lumière,
Nous enlève, nous emmène
À la cité des pauvres, aimée du ciel.
00:34 Publié dans Amour | Lien permanent | Envoyer cette note
07.12.2008
Où repose le temps
Trouée dans la nuit par ta seule présence.
Ô mon absent qui me donnes lumière.
Tes mains qui enlacent mon cœur, où repose le temps.
Le propulsant, furtif, aux veines du désir.
Trouvé dans la nuit mon amant dans l’esprit, dans la chair par l’esprit,
Mon amant si prochain,
Combien de temps t’ai-je cherché ?
Dans la nuit que l’aurore nous marie.
Qu’elle nous relève de l’ombre, qu’elle nous présente
À Dieu. Seule face à Dieu je dis et je dirai
Quel amour mon cœur porte. Seule,
Humble et seule devant notre Seigneur, qui connaît
Tout mon cœur, tout le tien, et ne se fâche pas.
Écoute mon silence, ami, le trou qu’il creuse comme un oui
À travers mes paroles, mes pauvres mots qui ne sont rien
D’autre que le don de mon être.
Un jour, au paradis…
00:52 Publié dans Amour | Lien permanent | Envoyer cette note
"Traversée de la mère rouge"
sic, ici, un coloriage du "coin des enfants"
Naissance ?
00:32 Publié dans ---, Amour | Lien permanent | Envoyer cette note
06.12.2008
La loi morale naturelle
(...) Dans son discours, le pape Benoît XVI a insisté sur « la nécessité et l'urgence, dans le contexte actuel, de créer dans la culture et dans la société civile et politique, les conditions indispensables pour une pleine conscience de la valeur inaliénable de la loi morale naturelle ».
« Grâce également à l'étude que vous avez entreprise sur ce sujet fondamental, on comprendra clairement que la loi naturelle constitue la véritable garantie offerte à chacun pour vivre libre et respecté dans sa dignité de personne, et pour vivre à l'abri de toute manipulation idéologique et de tous les abus perpétrés sur la base de la loi du plus fort », a déclaré le pape.
Benoît XVI a souligné que « dans un monde formé par les sciences naturelles, le concept métaphysique de la loi naturelle est presque absent, incompréhensible ».
« Etant donné son importance fondamentale pour nos sociétés, pour la vie humaine, il est d'autant plus nécessaire que ce concept soit de nouveau proposé et rendu compréhensible dans le contexte de notre pensée : c'est-à-dire le fait que l'être lui-même porte en soi un message moral et une indication pour les chemins du droits ».
Le Catéchisme de l'Eglise catholique explique au n. 1954 que « la loi naturelle exprime le sens moral originel qui permet à l'homme de discerner par la raison ce que sont le bien et le mal, la vérité et le mensonge ».
(...)
L'article se trouve dans son entier sur Zénit
23:56 Publié dans Amour | Lien permanent | Envoyer cette note
La rivière, là-haut
Mon frère, mon petit père, mon fiancé joyeux,
Si nous allions nous promener au bord de la rivière ?
Vite, mords-moi l’oreille, trop sensible aux sirènes
Qui chantent au fil de l’eau et bougent dans tes yeux !
14:39 Publié dans Amour | Lien permanent | Envoyer cette note
Il guérit, nul n'a mesuré son intelligence
Psaume 146 (147)
Il est bon de fêter notre Dieu,
il est beau de chanter sa louange !
Le Seigneur rebâtit Jérusalem,
il rassemble les déportés d'Israël.
Il guérit les coeurs brisés
et soigne leurs blessures.
Il compte le nombre des étoiles,
il donne à chacune un nom.
Il est grand, il est fort, notre Maître :
nul n'a mesuré son intelligence.
Le Seigneur élève les humbles
et rabaisse jusqu'à terre les impies.
Lecture d'aujourd'hui, et image
12:29 Publié dans Amour | Lien permanent | Envoyer cette note

