26.02.2008
Tu me parles
(Extrait de mon Journal en ligne, 5 avril 2006)
Enfant, toute vibrante de vie, et de la vie qui me passait à travers, face au cerisier sauvage dans le jardin je me disais : un jour ce sera le moment de ma mort et j’espère que je le verrai, même ça je veux le vivre. Mais je ne savais pas qu’il y aurait quelque chose de plus fort, quelque chose en quelque sorte qui me jetterait vivante dans la tombe et me propulserait vivante au ciel. La difficulté c’est d’en revenir, tu sais. J’en reviens et j’y repars, ça n’arrive pas à me quitter et pourquoi ? parce que c’est toi, qui cognes comme un malade avec ta tête dans mes côtes, ta tête qui entre dans ma poitrine et qui me chante dedans, qu’est-ce que je peux faire, avec cet enfant dans la cage thoracique, sinon continuer à le porter ?
Je vois la beauté qui s’aiguise et s’étend. Je suis dessous, je suis en face, je suis écartelée dedans. Je te dis tu. Je te dis viens, je te dis attends, je viens encore.
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