09.05.2008

Nijinski

7e999f24361c95350a2726f1123371f6.jpgJ'avais oublié deux phrases de Nijinski importantes dans ma note sur À mains nues. Je viens de les ajouter :

Dans les "Je suis" : Je suis ce Dieu qui meurt si on ne l'aime pas.

Et à propos du caractère évolutif et manifesté de l'esprit : Les gens qui ne veulent pas changer de vie ne sont pas des hommes. Ils descendent du singe de Darwin. Je ne descends pas du singe de Darwin, c'est pourquoi je n'ai pas d'habitudes. Je descends de Dieu.

Je l'avais dit dans une précédente note, il faudrait citer le livre entier. Voici encore un peu de supplément :

La nature de Darwin est inventée. La nature est la vie, et la vie est la nature. J'aime la nature. Je sais ce que c'est que la nature. Je comprends la nature, car je sens la nature. La nature me ressent. La nature est Dieu, je suis la nature. Je n'aime pas la nature inventée. Ma nature est vivante. Je suis vivant. Je connais des gens qui ne comprennent pas la nature. La nature est une chose superbe. Ma nature est superbe. Je sais qu'on me dira que moi aussi j'étudie. Mais j'étudie la nature d'après le sentiment. Mes sentiments sont grands, c'est pourquoi je sais sans étudier ce que c'est que la nature. La nature est la vie. La vie est la nature. Le singe est la nature. L'homme est la nature. Le singe n'est pas la nature de l'homme. Je ne suis pas le singe en l'homme.

Ou encore ceci, alors que sa femme a pris des somnifères :

Ma femme est en transe de poudre, et moi je suis en transe de Dieu.

Et ceci :

Dieu m'aide. J'aime Dieu. Il m'aime. Je sais que tout le monde a oublié ce qu'est Dieu. Tout le monde pense que c'est un mensonge. Les savants disent que Dieu n'existe pas. Moi je dis que Dieu existe. Je le sens au lieu de le penser. Je sais que les mères me comprendront mieux, car elles ressentent la mort chaque fois qu'elles vont accoucher.

J'aime que tout le monde pense que je suis un idiot.

Un bouffon sans amour n'est pas Dieu.

Les critiques pensent toujours qu'ils sont plus intelligents que les artistes.

Je suis un homme en Dieu. J'ai peur de la perfection, car je veux qu'on me comprenne. Je me sacrifie, car je ne vis pas comme tout le monde. Je travaille des jours entiers. J'aime le travail. Je veux que tout le monde travaille comme moi.

Les copieurs me rappellent les singes, car les singes copient les gestes humains.

Je jouerai au théâtre des choses qui exciteront le public, car je sais que les gens aiment l'excitation, mais en les excitant je leur ferai sentir l'amour. Je ne veux pas que les gens aiment la mort de l'âme. Je ne veux pas que les gens aient peur de la mort qui vient de Dieu. Je suis la nature. Je suis Dieu dans la nature. Je suis le coeur de Dieu. Je ne suis pas du verre dans le coeur. Je n'aime pas les gens au coeur de verre. J'ai fait une faute en écrivant "coeur", mais maintenant je l'ai corrigée, car j'aime me corriger. Je veux que les gens se corrigent. Je ne veux pas la mort de l'esprit. Je suis une colombe.

J'aime Dieu. J'aime la vie. J'aime tout le monde.

J'ai vécu plus d'un an avec Dieu et j'ai travaillé quotidiennement. Je dormais et je pensais à Dieu.


Bonne nuit.

01:17 Publié dans Amour | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : Littérature

04.05.2008

D’après vous ?

Qui donc est ce « Il », quand nous disons « Il fait beau », ou bien « Il neige des fleurs », « Il vente », « Il pleut », « Il y a le feu », « Il y aura longtemps que je t’aime», « Il est bien certain qu’il fait très doux », « Il sera toujours temps », « Il me tarde », etcetera etceteril ?

15.04.2008

Où es-tu ?

Je me promène dans la ville,
Je me promène dans le désert,
Je me promène chez toi,
Et je ne te vois pas.
Je monte au ciel,
Je demande à te voir,
Les anges me disent que tu te caches
Au fond du jardin.
Dieu pour m’aider m’ouvre la porte.
Maintenant je marche
Tout doucement dans le jardin
Je ne sais pas.

17:03 Publié dans Amour | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : Littérature

02.04.2008

Le Verbe sait avant nous

Il arrive que, par un petit matin d’hiver, vous partiez, misérable, ramasser vos os et votre bois mort, et que vous rencontriez la vie.

De nouveau, là où vous ne l’attendiez pas, et dans une lumière que vous ne lui connaissiez pas encore.

(La jeune fille et la Vierge)

09:20 Publié dans Amour | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : Littérature

29.03.2008

Aller juste là où...

Tout à l'heure je vais me coucher, éteindre la lumière, et là voilà que je serai, toute tendre, dans la nacre si douce d’une coquille, je serai là, humide et salée et sensible et calme dans ma coquille pleine d’une multitude de perles fines qui rouleront imperceptiblement partout sur moi, autour de moi, entre moi, de temps en temps je me tournerai un peu pour mieux les sentir épouser mon mouvement, entendre leur minuscule bruit de myriades de micro-cascades, écouter la parole inaudible qui me vient, le dialogue de joie, entendre l'amour très doux très fort circuler par-dessous, dans les racines des arbres accrochées là-haut dans le terreau du ciel sombre profond, je vais traverser l'espace et être juste là où je veux, dans le secret.

00:48 Publié dans Amour | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : Littérature

26.03.2008

"Je délecte moi du bruit du ciel"

Voilà, silence et vent. Lumière éteinte, nue dans mon lit, j’écoute. On dirait que dans la cour de l’immeuble de vastes drapeaux se font fouetter par la rafale, et la rafale suivante. Je me délecte. Je délecte moi du bruit du ciel. Peut-être quelqu’un pense à moi et se tourmente, je ne veux pas. Je veux donner ma voix d’amour au vent pour qu’il aime venter, qu’il fasse flotter encore les draps colorés tendus là dans la cour entre les quatre tours du château. Je sens se lever ma voix, je me lève et j’écris. A l’envers dans le temps.
(écrit une nuit, il y a quatre ans)

15:52 Publié dans Amour | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : Littérature

25.03.2008

Hauteur et profondeur, nourris l'un de l'autre

(Dans l’un de mes livres, je me suis nommée Rrose pour évoquer tout cru ma vie sexuelle, et le plus audacieux ne fut pas de parler de sexe, en ces temps où il s’expose partout, mais de me dire du fond de la terre jusqu’au ciel, sans mentir ; la vérité est toujours mal vue des scribes, des pharisiens et des grands prêtres qui ne veulent voir que la loi).

Jésus leur répondit : (...) de même que Jonas a passé trois jours et trois nuits dans le ventre du grand poisson, ainsi le Fils de l'homme passera trois jours et trois nuits dans la terre. Au jour du Jugement, les habitants de Ninive se lèveront en face des gens d'aujourd'hui et les accuseront, car les Ninivites ont changé de comportement quand ils ont entendu prêcher Jonas. Et il y a ici plus que Jonas ! Au jour du Jugement, la reine du Sud se lèvera en face des gens d'aujourd'hui et les accusera, car elle est venue des régions les plus lointaines de la terre pour écouter les paroles pleines de sagesse de Salomon. Et il y a ici plus que Salomon !"
Matthieu, 12, 38-42

Gloire au monde

539ca9c78440ec83922969a6b2b7e63e.jpg(...) J’ai consulté le panneau des trains en partance, et je suis montée dans le premier.

Même si je le connaissais déjà, c’était encore la première fois que je voyais le monde ! Assise derrière la vitre, je l’ai regardé avidement, je suis entrée dans la peinture, j’ai franchi ses couches secrètes, à toute allure et sans me presser. Vous voyez ce que je veux dire, n’est-ce pas ? Les lignes en fuite, les couleurs qui éclatent, perdurent, filent… les coquelicots le long des voies… de grandes éoliennes qui tournent lentement sur le ciel perle… dans les champs les jets vifs et blancs des arrosages rotatifs… tendus entre ciel et sol, les chemins noirs des lignes électriques… l’effet ratissé des plantations nouvelles, dans le découpage géométrique des terres… rectangles vert foncé, vert clair, jaunes… parfois semés de bosquets compacts… ou bordés de haies sombres… ou encore, le long des rails, de barrières de fils métalliques qui s’enfuient à la vitesse du train, puis se cachent derrière un talus de verdure dense, tachée de genêts étincelants… le ciel qui vient et revient… vire au bleu pâle, mêlé de nuages blêmes aux formes indécises… fugace, une rivière, étroit creuset de mercure, entre deux hautes rangées de peupliers… dans un pré cinq vaches blanches couchées en ligne, dont la dernière agite la queue en l’air, formant un S… qui disparaît, laisse place à une parcelle de terre nue, peignée, grumeleuse, claire, presque rose… à laquelle succèdent des cercles de coquelicots… des étendues d’eaux vertes, pleines de reflets d’arbres… ici une barque amarrée à la rive, où s’imagine toute une vie de poissons, d’oiseaux…


Les premières larmes de pluie viennent danser, obliques, à la vitre. Le contrôleur entre dans la voiture, commence à vérifier les billets.
J’entends des voix de garçons. Je me déplace sur le siège libre à côté de moi, pour les voir.
Ils sont quatre, les cheveux ras, des soldats en permission. Seul m’apparaît clairement celui qui me fait presque face, de l’autre côté du couloir. Je sais que c’est le plus beau, et qu’il est pour moi.

Pour le profond tableau, pour la terre, l’eau, le ciel, pour la pluie, pour le jeune homme qui en vient, merci, Amour, Seigneur, je reste dans tes bras. (...) (roman inachevé)

colombes et palme

14:05 Publié dans Amour | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : Littérature

24.03.2008

Servir

c6a3033351e64d8258962f89c7548add.jpg... car grâce à Lui moi-même est grand ouvert aux autres, moi-même contient les autres dans l'amour qu'Il me porte.

Mon échelle de Jacob (suite)

Ce fut aller du Purgatoire en Enfer, et de là, trouver la porte étroite pour le Paradis.
Car cette échelle n'est pas droite, mais en colimaçon, la forme aimée de Dieu.

Toutes les notes